Initialement publié en digital en octobre dernier, il aura fallu attendre janvier pour écouter le nouvel album de Kelly Moran en version physique. Au-delà de l’objet en lui-même, c’est de toute évidence bel et bien la musique qui est la raison essentielle pour nous de revenir sur Don’t Trust Mirrors. Annoncé à raison pour tout(e) fan de Hania Rani, Nils Frahm, Björk ou encore Bibio, j’ajouterais personnellement deux autres noms : Poppy Ackroyd et Aphex Twin. La concernant, elle cite d’elle-même notamment John Cage, dont elle reprend la technique du piano préparé, et Tori Amos !
Si les dix morceaux sont résolument ancrés dans la profondeur de la nuit, ils n’en sont pas pour autant obscurément froids. Non. Une lueur jaillit systématiquement de la façon de joue du piano de Kelly Moran – elle qui a écrit, enregistré et produit seule tout l’album. Au passage, notons la belle participation de Bibio sur l’éponyme « Don’t trust mirrors » en début d’album.
Sur son précédent album, il y avait déjà une chanson intitulée « Don’t trust mirrors », mais sans la collaboration de Stephen Wilkinson (Bibio). Alors d’une durée de six minutes, elle a été ramenée à cinq minutes et, surtout, est totalement distincte dans sa composition et son instrumentation.
Il n’est pas étonnant que le nom d’Erik Satie soit lui aussi évoqué lorsqu’on parle d’elle tant la musique de Kelly Moran possède une douceur ineffable. Celui de Philip Glass également, et l’on comprendra ici, avec tous les noms précédemment cités, que Kelly Moran se trouve un peu dans une niche dans laquelle est à l’heure actuelle la seule à pouvoir prétendre figurer.
(in Heepro Music, le 19/02/2026)
