Cela fait un petit bout de temps que je n’ai pas évoqué ici mon actualité poétique et mes publications.
Aujourd’hui je renoue avec cette agréable coutume.
Présentons tout d’abord la revue Nouveaux délits. Dirigée par Cathy Garcia Canalès, avec Elisée Bec pour correcteur et Louise Brun pour illustratrice, cette revue en était déjà à son numéro 83 en janvier 2026.
Voici le début de l’édito de Cathy Garcia Canalès, pour ce numéro :
La vitesse exponentielle – bien que prévisible – de la falsification générale me plonge de plus en plus dans le silence sans parler des vieilles croûtes qui ressortent des pires placards de l’Histoire. Je me sens parfois comme un vieux vestige d’une espèce disparue – pour autant qu’elle ait jamais existé – et pourtant ça n’a rien à voir avec vieillir, enfin je crois, vu que je me suis régulièrement sentie décalée, inadéquate, non initiée aux normes en vigueur (qui ont plus à voir avec l’étouffement de la vie qu’avec la vitalité elle-même) et renâclante aux impasses imposées, au prêt-à-(pas)penser… Mais c’est juste que, juste, jus de fond de poubelles de fast-foutoir quand même là… et tant de poussive poussière. Collante, dégueulasse. Assassine…
Alors oui ! Toujours et encore nouveau délit, la poésie, nouveau délit, l’humour décapant, deux inadéquations qui horrifient tout penchant à la mise au pas, allelouIA ! Aussi, c’est avec un enthousiasme renouvelé que sort ce 84e numéro (car oui il y a eu un n° zéro !) et merci à vous toustes sans qui Nouveaux Délits, il n’y aurait pas. Merci vrai !
(…)
Pour mieux découvrir Nouveaux délits, je vous invite à visiter son site ci-après : http://larevuenouveauxdelits.hautetfort.com/
Je suis très heureuse et honorée que six de mes textes figurent dans cette belle revue, aux côtés de poètes que j’apprécie, avec des choix de textes qui répondent à ma sensibilité, un engagement qui sait s’affirmer.
Ces six poèmes sont extraits d’un ensemble plus vaste, inédit, intitulé Cristallins secrets. Voici deux d’entre eux.
Pour lire les quatre autres – et bien d’autres textes d’auteurs différents !- achetez la revue !
À la porte des cieux
L’eau porte le ciel en pleine face.
À la surface des nuages
rebondissent les regrets.
L’azur est une profondeur
amincie jusqu’à l’ennui.
Un filet de vent donne de la voix
aux airs les plus éraillés.
Dois-je me dépêcher de vivre
au cas où le silence
viendrait me cueillir ?
Le temps est inquiétant
mais ses menaces restent légères.
Même les arbres
croient en quelque chose
sinon les oiseaux
seraient intenables.
Le vent soudain refuse
d’être comparé à l’espoir
et gifle toute rébellion.
Comment fait-on déjà
pour se dépêcher de vivre ?
*
Fugaces coups d’œil
L’ombre des arbres danse mieux qu’une œuvre d’art.
Puis le soleil s’en va en effaçant ses fresques.
Les marronniers dominent les petites vies qui passent.
Le béton comme le ciel ne reflète rien de neuf.
Les affiches sont laides de tant de beaux appâts.
Mes soucis dans la ville creusent de longs tunnels.
Les grues ont repiqué la ferraille des nuages.
L’existence en chantier et l’esprit en travaux ne feront pas carrière.
Je cherche peut-être un rêve à couver en secret.
M-A. B.
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