
1996 : le groupe de Glasgow Belle & Sebastian enregistre un premier album que la presse d'alors qualifia de séminal, Tigermilk. Suivi et c'est assez rare pour l'époque, d'un deuxième album dans la foulée If You're Feeling Sinister qui les fait vraiment émerger dans le monde indé. 2026 et pour les 30 ans de ces deux premiers albums, l'ennéade écossaise les interprète chacun deux soirs consécutifs dans la grande salle parisienne.Introduit par un émouvant film dans lequel l'un des anciens membres historiques Stuart David explique la genèse de ce qui n'était alors qu'un projet de fin d'études, Tigermilk exécuté in extenso a le charme et les maladresses d'un premier effort. Un côté compilation fourre-tout où rock endiablé (''You're just a baby") côtoie une espèce de new wave mal dégrossie ("Electronic renaissance") - sur ce titre, Stuart Murdoch fait le pitre sur le balcon et joue du mélodica - et pop acoustique empruntant au meilleur Love ("The state I am in"). Le groupe joue merveilleusement bien mais ça on le savait, Stuart Murdoch n'en finit plus de cabotiner parfois trop, comme sur ce final étiré et désormais convenu de ''The boy with the arab strap'' joué en deuxième partie de set avec la traditionnelle invasion de la scène par le public. Stevie Jackson fait admirer son remarquable jeu de guitare ainsi que son suave organe vocal sur la très tendre ''Seymour Stein''. Murdoch qui n'en est plus à une bravoure près note qu'il doit rajouter ''Sleep the clock around'' dans la setlist pour les prochaines fois à la demande du public........mais finit invariablement par la jouer avec ses amis.....comme lors de chaque concert. On note que le troisième album est particulièrement present ce qui accrédite la thèse d'une interprétation-anniversaire en 2028. Absentes helas les exceptionnels titres de Fold Your Hands Child, You Walk Like a Peasant. Mais ça n'est pas grave ; l'ambiance est bon enfant, le groupe au sommet de sa forme.Il faudra juste revenir en 2030.
