L’être qui ne respire pas
Un être virtuel n'est pas un être charnel. Un être virtuel ne dort jamais, n'éternue jamais, ne crache jamais, ne fait jamais ses besoins dans l'afternoon, parle et vit chaque seconde de sa vie sans avoir besoin de satisfaire ses besoins corporels. Dans la jungle, dans la grande ville, à la campagne, dans une ferme, sur un plateau de tournage, sur une plage ou lors d'un match de football, l’être virtuel est toujours bien dans ses baskets. Il joue à relancer la balle, à rejouer la bille. Dans sa bulle, il est toujours en confiance, en pleine possession de ses moyens. Il n'a jamais de doute, n'a jamais peur, ne se pose jamais de questions.
C'est l'être existentiel par excellence.
Peut-il enfourcher son vélo, dégainer son arme, raccrocher son manteau ?
Autant de parenthèses qui restent ouvertes. Notre équipe de valeureux fonctionnaires a fait le tour de la propriété et n'a trouvé aucune trace des taupes dans le jardin.
Des taupes aveugles qui voient mieux que nous.
Alors le propriétaire leur dit « vous comprenez le topo, il faut trouver les taupes », on hisse les voiles et on démarre le Schmilblick.
Les taupes sont tapies sous le tapis, au plus profond de l’humus décortiqué.
