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L’anthologie « Vers la trouée de mer »

Par Etcetera
L’anthologie Vers trouée

Les éditions de la Lune bleue viennent de faire paraître, en ce mois de mars 2026, une belle anthologie poétique sur le thème de la mer et des océans.
Je suis très fière et heureuse que l’éditrice, Lydia Padellec, m’ait proposé de figurer parmi les 31 poètes contemporains choisis pour composer ce livre.
Vous pouvez retrouver la liste exhaustive de ces auteurs en cliquant ici, vers le site de l’éditrice. On peut dire, en tout cas, que plusieurs générations, des années 1930 aux 80’s, sont représentées, ainsi que des nationalités variées (Québec, Espagne, Allemagne, Bénin, Italie,…) ; les femmes, une vingtaine, sont majoritaires.
Les illustrations du livre – des photos couleur – sont l’œuvre de LaOdina.

NB : Les éditions de la Lune bleue ne veulent pas recevoir de manuscrits.

Quatrième de couverture

Alors oui, encore une anthologie sur le thème de la mer ! Une mer d’ici, au plus près des rochers et du varech, vagues déferlantes ou marée basse, et de là-bas, à Istanbul dans les courants diaboliques du Bosphore, en Afrique de l’Ouest à travers le son d’une kora, sur l’île de Chypre en quête d’Aphrodite, en Espagne, en Italie, au Portugal, au Québec…
Trente et un poètes, toutes générations confondues, nous parlent de leur mer, voix et langues entremêlées à l’écume, dans la plénitude ou le tourment, la fougue et la puissance – la mer aussi comme un écrin de la mémoire.
Mer paysage, mer intérieure. Le bleu nous appelle dans sa lumière, son immensité, ses possibles. Son utopie, peut-être. En ces temps ténébreux, il est urgent de résister : croire au poème, croire à la vie.

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Choix de trois poèmes

L’océan s’ouvre
Respire
Et inspire à pleins poumons
Une humanité qui se cherche encore
Dans le sel de l’Utopie
Comme une promesse
le cœur lavé par le vent

L’océan berce dans ses remous
Le chant d’un amour ancien
Une offrande au large des rêves
Sans crainte – Aucune
De représailles et de tempêtes

L’océan murmure
Enlace
Guide les voies migratrices
La présence encore de Moby Dick
L’espoir de croire
Toujours

Dimitri Porcu

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(Page 24)

Mer en moi

Gestes de vagues aboyées
dans corps étendus
mirage blanc
feu d’eau à fendre ciel
de brouillard et de silence
la nuit océan traverse
mon ventre
le regard revient toujours du bord de mer
au bord de l’horizon
comme on revient d’un abandon
infini
je me jette dans l’onde encore
seul amour caresse
la douleur des naufrages
où boire l’immense peine
la mort l’insensée
elle avance toujours
en moi la mer
comme une force appelée
à vivre

Diane Régimbald

*
Et voici mon poème :

(Page 17)

Marine, baïnes

La peau de l’océan se fripe, frissonnante, sous le bout de mes doigts gercés au fil de l’eau.
Le soleil verdit comme un jade pailleté ; à travers la vague, l’or impalpable du sable trouble les jeux d’enfants.
Sous les ciels d’amertume jusqu’à la bouée jaune quand la boue devient bleue, les épaisseurs de l’eau, les longues ailes du vent, les clapotis en chaîne font leur méli-mélo.
Mélancolie qui traîne : tout se reflète en tout.
Le goéland aux grands airs met le néant en marche.
La vague capture les nuages et les recrache plus vifs.
Le ciel saisit l’écume pour la rendre à l’écho des mouettes ondoyantes – bavardages sans phrases –
Le cerf-volant s’écrase.

M-A. B.

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