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Fitzcarraldo de Werner Herzog

Par Etcetera
Fitzcarraldo Werner Herzog

C’est aujourd’hui le début du « Printemps des artistes » et je vous parlerai d’un film célèbre de Werner Herzog (né en 1942), datant du début des années 80, avec Klaus Kinski (1926-1991) dans le rôle titre et la belle Claudia Cardinale dans celui de sa compagne.
Film assez prodigieux, que j’ai pu découvrir grâce à une chouette chronique de Jean-Louis du blog « Tout l’opéra ou presque » : voici le lien vers cet article ici-même. Vous y retrouverez les différents airs d’opéras célèbres qui jalonnent cette histoire.

Note pratique sur le film

Nationalité : allemande
Année de sortie en salles : 1982
Genre : Aventure, Drame
Version originale allemande, sous-titrée
Acteurs : Klaus Kinski (Fitzcarraldo), Claudia Cardinale (Molly)
Durée : 2h30

Résumé du début de l’histoire

L’histoire se déroule au début du 20e siècle, au Pérou, d’abord dans la ville d’Iquitos puis au milieu de la forêt amazonienne. Le nom du héros est en fait Fitzgerald, que les péruviens prononcent « Fitzcarraldo », d’où le titre. Ce Fitzcarraldo est un passionné d’opéra. Il serait prêt à toutes les folies pour pouvoir construire un opéra dans la région amazonienne et y recevoir le grand ténor Caruso. Jusqu’à présent, les affaires commerciales qu’il a lancées n’ont pas marché. Mais il voudrait acheter et retaper un grand bateau, lui faire remonter le fleuve Amazone, et accéder ainsi à une grande plantation de caoutchouc où il pense faire rapidement fortune. Le seul problème c’est qu’il faudra traverser la zone forestière peuplée par les Indiens coupeurs de têtes, les Shuars, et que personne n’en est encore revenu vivant. C’est Molly, la compagne de Fitzcarraldo – une tenancière de maison close – qui l’aide pour acheter ce bateau. Lui-même se lance dans le recrutement de l’équipage. (…)

Mon Avis

Le personnage de Fitzcarraldo est tout à fait magnifique. Il nous prouve que la passion et le désir peuvent soulever des montagnes – ou plutôt, soulever des bateaux au-dessus des montagnes ! Aussi, pour illustrer ce film et tenter de dégager un message de cette aventure amazonienne, on pourrait reprendre un adage bien connu : « à cœur vaillant, rien d’impossible ». Klaus Kinski est incroyable, tel qu’on le connaît, plein d’une énergie électrique, complètement habité par son personnage. La mèche rebelle, l’œil exorbité, la bouche sensuelle, il semble porter l’âme du film à lui seul, menant chaque expression faciale à son point d’incandescence. Claudia Cardinale, elle aussi, montre un tempérament dynamique, joyeux, pétulant, et la beauté qu’on lui connait toujours.
La première heure du film semble servir de mise en place des différents éléments et de présentation des personnages, du caractère de Fitzcarraldo, de son amour sans nuage pour Molly, de sa passion dévorante pour l’opéra. Il aurait voulu faire fortune dans la production de pains de glace mais n’a pas réussi. Il possède chez lui un gramophone sur lequel il écoute les opéras de Caruso. Il fréquente parfois les autres industriels européens de la région, des parvenus assez grossiers, qui ne comprennent pas du tout sa passion pour la musique ou, tout du moins, ne la partagent pas.
La deuxième partie, correspondant à la dernière heure et demie du film, retrace l’aventure fluviale de ce héros, sur son majestueux bateau, avec un équipage un peu disparate, composé de quelques hommes hauts en couleur. La première rencontre et les divers face-à-face avec les Indiens coupeurs de têtes sont de grands moments du film. Fitzcarraldo et ses hommes devront compter sur les croyances et les superstitions de ces tribus amazoniennes pour espérer sauver leur vie. Ils espèrent d’abord se faire passer pour des dieux auprès d’eux. Bien que cela ne marche pas – le spectateur tremble pour eux plus d’une fois ! – ils pourront bénéficier de la fascination de ces Indiens Shuars pour ce majestueux bateau, tel qu’ils n’en ont encore jamais vu.
Ce film a donc un côté ethnologique. Il met deux cultures face à face, deux cultures qui vont collaborer pendant un certain temps alors qu’elles ne sont pas faites pour se comprendre, qu’elles se méfient l’une de l’autre. On sent bien que chaque culture voit en l’autre un danger et, en même temps, un moyen d’arriver à ses fins. On sent aussi qu’un rapprochement entre eux ne serait pas impossible et on se prend à le souhaiter.
Les paysages amazoniens, l’avancée du bateau sur le fleuve, le visage de Klaus Kinski en attente des coupeurs de têtes, le bateau hissé en haut de la montagne par les tribus Indiennes sont vraiment des images d’anthologie qu’on n’oublie pas.
Un film formidable, étonnant, fascinant, tel qu’il en existe peu !

Fitzcarraldo Werner Herzog

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