La ville de Fontenay-aux-Roses présente une rétrospective en immersion dans l’univers singulier de Thierry Benenati, où les figures animales prennent une dimension symbolique et poétique.L’artiste est né à Marseille. Après ses études aux Arts Appliqués, c’est à Paris qu’il entamera une brillante carrière de 20 ans comme directeur artistique dans de grandes agences de publicité parisiennes qu’il a définitivement quittées en 2007 pour se tourner vers une carrière où il pourrait exprimer sa créativité avec davantage de liberté, à l’instar du parcours de Grégoire Delacourt, lui aussi de la publicité mais aujourd’hui en littérature.
Cheval, lévrier, autruche, taureau, gorille ou éléphant deviennent sous ses mains des allégories du monde humain. Ses sculptures, souvent enrichies d’éléments mécaniques comme des engrenages ou des horloges, interrogent le temps, la tension et les paradoxes de notre époque.Réalisées en bronze ou en acier, ses œuvres conjuguent puissance des formes, précision du modelage et imaginaire narratif. Du monumental aux pièces plus intimistes, le parcours invite à découvrir plusieurs décennies de création et à plonger dans une sculpture expressive, à la frontière du réel et du symbolique, toujours fantastique.
C’est Miss Bling Bling, une impressionnante autruche grandeur nature, de près de deux mètres de hauteur, qui vous accueillera au seuil de la salle d’exposition. Elle est en acier modelé, bronze et cristal. Son col est en mosaïque de bijoux et de verre de Bohème.Un texte de Corinne Magne de Giacomoni accompagne chaque oeuvre. S’agissant de cet animal elle y voit une représentation de l’appât du gain et imagine le volatile défier l’humain, avec ses beaux atours comme avec son bec dont elle évoque la dangerosité.Les oeuvres sont majoritairement des animaux mais il y a tout de même un Saint-Jacques Pélerin, en résine argentée, semblant avancer péniblement, les bras en croix, dans une position christique. C’est un projet de monument composé en un amalgame de crucifix.On l’aperçoit ci-dessous derrière un Lévrier de compétition, une commande spéciale de Porsche.Ce Greyhound argenté est représenté en course, dans l'action, dans une interprétation surréaliste, à la limite des écorchés étudiés en médecine et pourtant très évocatrice de la course de côte, faisant saillir les muscles dans un effort intense.
Rupture de ton avec L'écrit du corbeau qui est la sculpture figurant au début de cet article. L’artiste nous propose derrière ce jeu de mots, une métaphore des lettres anonymes avec un oiseau aux ailes de porte-plumes sur amalgame de lettres. Le bronze est astucieusement dans une autre couleur que le noir, nous faisant encore davantage réfléchir au sens de cette oeuvre.
L’Etat est célébré fièrement avec une Tête coq aux montres. L’emblème de la République est composé d’horloges de bronze. Cela signifierai-il une nouvelle mise en garde du sculpteur cette fois contre les menaces de disparition du service public ?C’est lui qui a été retenu pour illustrer l’affiche de cette exposition organisée dans le cadre du Printemps de la Sculpture qui, du 21 au 29 mars, propose cette année dans les Hauts-de-Seine plus d’une centaine de rendez-vous culturels gratuits qui sont récapitulés ici. La seule ville de Fontenay-aux-Roses en propose trois. Pour ce qui est de Révélation il est conseillé de participer à une des visites commentées qui permettront d’échanger avec l’auteur autour de son travail.
J’aurai l’occasion de revenir sur cette manifestation à l’occasion de l’exposition de Medjid Houari qui travaille le métal avec rigueur et sensibilité en explorant les notions de tensions, d’équilibre … et de légèreté. Ses oeuvres sont exposées au Pavillon des Arts de Châtenay-Malabry jusqu’au 2 mai 2026Révélation de Thierry Benenati du 10 mars au 25 avril 2026Médiathèque de Fontenay-aux-Roses, 6 Place du Château Sainte-Barbe92260 Fontenay-aux-RosesEntrée libre tous les jours sauf les lundis de 10h à 19h
