De Coline Pierré, je n’ai lu jusqu’à présent que de courts textes, sa participation au recueil « Pour la joie » par exemple, qui m’avait beaucoup plu. Alors j’ai profité de sa présence au Festival Rue des livres à Rennes pour acheter ce titre jeunesse et le faire dédicacer. Déjà, je trouve l’objet livre très beau, mais c’est surtout sa forme en vers libres et son intensité qui m’ont immédiatement happée et remuée, en faisant un véritable coup de cœur de lecture.
Le résumé
Léo a assisté à une agression au sein de son Lycée, mais elle est restée tétanisée. Elle n’est pas intervenue, et elle s’en veut. Alors, elle contacte Maryam pour s’excuser et lui apporter son aide. C’est le début d’une amitié, mais aussi, après le secret et le silence, celui du courage de s’exprimer auprès des personnes compétentes. Mais quand la parole n’est pas entendue, dévoyée, que peut-on faire ?
Mon avis
J’ai été très touchée par la force de ce texte car, avant tout, Léo est une Antigone, qui se révolte et a à cœur de dire non à un système injuste, mais elle n’est pas seule, et c’est avec joie qu’elle le découvre. Dans ce roman, aéré, moderne, il est question d’agression sexuelle, d’identité, de genre, d’amitié, mais aussi d’harcèlement scolaire. Et j’ai été cueillie à de nombreuses reprises par les phrases courtes, scandées, qui vont droit au but, par la liberté d’écriture de l’autrice qui semble, avec une facilité déconcertante, s’insérer dans les formes choisies : journal intime, calligrammes ou conversations sms. C’est une ode aux timides et aux silencieux qui, dans chaque classe, dissimulent un esprit fort et des capacités insoupçonnées. Et un joli coup de cœur jeunesse à lire largement !
Editions Flammarion – 19 mars 2025
J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…

Un étrange écho avec ce texte là
