Sur ce blog, j’ai publié déjà pas mal de poètes, y compris des classiques, mais j’ai fait peu de place à Stéphane Mallarmé (1842-1898), jusqu’ici.
Ce Printemps des artistes me donne l’occasion de combler cette lacune, avec le célèbre hommage à Edgar Poe (1809-1849), un sonnet de 1887, que j’ai toujours apprécié.
Certaines formules sonnent magiquement (entre autres, le premier vers, le sixième, le dixième,…) et s’impriment dans la mémoire comme des incantations.
Bel exemple de poésie symboliste, écrite un an après le Manifeste du Symbolisme de Jean Moréas.
Mallarmé, exerçant la profession de professeur d’anglais et grand admirateur de Baudelaire, qui avait contribué par ses traductions à faire connaître Poe en France, devait à son tour traduire l’écrivain américain et le considérer comme un maître.
Ce sonnet est extrait du recueil « Poésies« .
En préparant cet article, je me suis aperçue que toutes sortes de mystères avaient entouré le tombeau d’Edgar Poe, situé dans le cimetière de Baltimore aux Etats-Unis, avec des changements de pierres tombales, des déplacements de cette tombe, et un « toaster » que l’on n’a jamais pu identifier.
Je vous renvoie à l’article suivant : « le mystère de la tombe d’E. Poe » pour de plus amples informations.
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Hommage V
Tel qu’en lui-même enfin l’éternité le change,
Le Poëte suscite avec un glaive nu
Son siècle épouvanté de n’avoir pas connu
Que la mort triomphait dans cette voix étrange !
Eux, comme un vil sursaut d’hydre oyant jadis l’ange
Donner un sens plus pur aux mots de la tribu
Proclamèrent très haut le sortilège bu
Dans le flot sans honneur de quelque noir mélange.
Du sol et de la nue hostiles, ô grief !
Si notre idée avec ne sculpte un bas-relief
Dont la tombe de Poe éblouissante s’orne,
Calme bloc ici-bas chu d’un désastre obscur,
Que ce granit du moins montre à jamais sa borne
Aux noirs vols du Blasphème épars dans le futur.
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