On connaît le lien étroit entre le cinéma et la musique. Cependant, on connaît moins le lien entre la littérature et la musique. Et pourtant, les livres puisant, s’inspirant, baignant dans un univers teinté ou bercé de musique – ou de musiques – sont légion. Seul hic : quand on lit un livre, quelle que soit la qualité de la plume de son auteur ou autrice, on n’entendra jamais la moindre note jouée au moment où nos yeux survolent le texte, que l’on connaisse ou non la musique mentionnée.
Avec Les chansons de Marguerite Duras, la docteure en littérature comparée, chercheuse et écrivaine Émilie Ollivier a, d’une certaine façon, voulu réparer cette erreur, avec une certaine fidélité puisque malgré tout elle aussi par les mots. Cependant, elle nous parle autant de Duras écrivaine que de Duras cinéaste, sans oublier les chansons qu’elle a elle-même écrites. Car, oui, Marguerite Duras était une artiste complète !
Si j’aime la collection La Ritournelle des éditions La Variation, dont c’est le dixième ouvrage dans cette collection dédiée à la musique, je dois bien admettre que Les chansons de Marguerite Duras a été ma lecture préférée. On y apprend la découverte de l’album Le Péril Jaune d’Indochine par Émilie Ollivier plus de vingt ans après sa sortie en 1983 – Indochine étant un groupe fortement lié à Marguerite Duras. J’y ai découvert des chansons et/ou leur histoire : « Ramona », « India song », « Allô maman bobo » d’Alain Souchon, « Le chant de Savannakhet », « Le square » de Juliette Greco, « Les mots d’amour » d’Édith Piaf, « Capri c’est fini » d’Hervé Vilard, « Rumba des îles » de Carlos D’Alessio, « Surabaya Johnny » de Catherine Sauvage.
Les chansons de Marguerite Duras rend un si bel hommage à l’écrivaine française et au XXe siècle, que l’on n’a qu’une envie : aller lire et voir le moindre de ses livres et films mentionnés par Émilie Ollivier. Et, bien sûr, écouter chacune des chansons nommées, ainsi que les recommandations de l’autrice de cet essai plus que réussi.
(in Heepro Music, le 06/05/2026)
