Le titre de la chronique est inspiré de 4 albums que j'ai tant écouté dans ma vie que j'en connais toutes les notes, toutes les paroles, tous les accords, tous les airs, tous les sons et tous les tons. Bref cette musique est composante de mon ADN.
Blonde on Blonde de Bob Dylan
The Idiot d'Iggy Pop
Low de David Biwie
The Unforgettable Fire de U2
B.I.B.I. c'est moi. C'est aussi la terminaison du mot habibi voulant dire en langue arabe, Je t'aime.
Musique, je t'aime.
UNDERGROUND de Thelenious Monk.
Au printemps 1968, sous l'étiquette Columbia Records, le 7e album du pianiste et compositeur Thelenious Monk est lancé et reste pour moi un chef d'oeuvre auditif et visuel. Cet enregistrement occupe une place unique place unique et charnière dans la discographie de l'artiste. Il s'agira tu tout dernier album studio réalisé par son quartet légendaire des années 60 alors composé de Charlie Rouse au Saxophone ténor, Larry Gates à la basse, Ben Riley à la batterie et Monk au piano. Après plusieurs disques sous cette étiquette, et sa brillante année 1957, celle-ci lui reprochait de recycler ses vieux thèmes. Monk signe de nouvelles compositions originales plus inspirées.
Cette mise en scène théâtrale n'est pas simple choix esthétique provocateur. C'est un hommage direct ;a la baronne Pannonica "Nina" de Koenigswarter. Cette héritière de la famille Rothschild, grande mécène des musiciens de jazz et de bebop. Elle s'était engagée activement dans la Résistance Française, dans France Libre, assez près de Charles de Gaulle, pendant la Seconde Grande Guerre. Nica logeait et protégeait Monk à New York. En 1969, cette audace visuelle est récompensée d'un Grammy pour la meilleure conception de pochette d'album.
Au milieu des années 60, l'âge d'or du jazz est passé et on reproche à Monk de tourner en rond. Ses albums précédents chez Columbia reposent principalement sur des standards de Broadway ou des relectures de ses morceaux des années 40. Underground brise cette routine en proposant 6 nouvelles compositions inédites sur 7.
La réussite de l'album passe par l'alchimie unique entre musiciens. C'est la fin d'un cycle pour le quartet qui parcourt le monde entier depuis des années ensemble. Rouse depuis 1959, année magique dans l'ère du jazz, Gales & Riley avec leur souplesse absolue à la rythmique.
Pour amateurs de jazz audacieux mais accessible, de piano percutant et toujours moderne, de formule en quartet sax/piano/basse/batterie, de scat pour au moins un morceau, pour amateurs de bebop et de hard bop, pour les collectionneurs et les passionné(e)s de la grande époque du jazz des années 50-60 qui tiennent à posséder un morceau d'histoire musical.
