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Litania - s/t (2025)

Publié le 20 mai 2026 par Oreilles
Litania (2025)Litania, nouvelle signature doom-métal italo-serbe, est un quatuor drone psychédélique. Drivé par la multi-instrumentiste Elisa de Munari, il est l'un des dernières sensations du label Heavy Psych Sounds qui porte bien son nom. La chanteuse-leader de Litania  insuffle avec ses acolytes un souffle épique et spirituel qui n'est pas sans renvoyer aux plus belles heures des chants psalmodiés féminins que la pop a pu engendrer. Le tout dans un habillage oriental du plus bel effet.
C'est d'abord un son sourd et menaçant aux guitares accordées très bas qui prend l'auditeur aux tripes. Normal, car la prime influence d'Elisa et de son groupe n'est pas moins que Black Sabbath et plus près de nous des stoners de Kyuss. La grande particularité de Litania, ce sont bien sûr ces vocaux inspirés de l'hindoustani qui lui confèrent une dimension mystique ("Manasi devi"), un peu à la manière des mythiques chanteuses du label 4AD, Lisa Gerrard et Liz Fraser. Impossible de ne pas penser aux Cocteau Twins, notamment sur les fabuleux "Ghunghru" ou "Jimanuya" avec ce qui ressemble à des onomatopées enchanteresses. Mais un Cocteau Twins on l'aura compris aux basses et rythmiques testostéronées. Elisa De Munari joue du sitar, du dilruba, autre instrument à cordes indien aux sonorités proches et jadis popularisé par un certain....George Harrison. Un  autre gimmick malin est l'utilisation récurrente de l'harmonium à soufflet, finalement pas si courant que cela dans la pop contemporaine - vient à l'esprit le nom et la référence du très bon premier disque éponyme d'Anna Calvi.Le son et l' "étrangeté" de la dynamique de Litania provient aussi de l'alliage ou opposition du métal lourd, organique avec les racines de la culture classique indienne incarnées par le dhrupad, musique ancestrale et méditative dans laquelle Elisa De Munari s'est plongée et qu'elle a longuement étudiée. Le sensoriel prédomine grandement dans la musique du groupe et a activement présidé aux sessions de composition, lesquelles étaient davantage tournées vers une convergence de sensibilité axée autour d'un drone sound, une écoute active des résonances émanant de chaque musicien ; ceci rendu encore plus prégnant par la diversité des cultures - le batteur Vladimir Markoski par exemple est d'origine serbe.
L'idée d'une certaine transe à l'écoute ce premier album n'est pas à exclure. C'est d'ailleurs sans doute l'effet inconsciemment recherché par le quatuor et son esprit de communion. Puisse celle-ci procurer aux aux auditeurs le même engouement et le même recueillement que ceux que recèle les hymnes de Collection D'Arnell-Andrea, fleuron de la pop méditative française auquel le très prometteur Litania fait aussi parfois penser.
En bref  : un nouveau groupe heavy psych italien mené par une très charismatique chanteuse, secondée par des acolytes ferraillant une rythmique et un métal des plus avenants. Le tout saupoudré de lyrics hindoustani qui donnent à cette musique un aspect religieux et incantatoire.  Litania (2025)

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