Le Burundi, riche d’un patrimoine culturel millénaire et d’une jeunesse vibrante et créative, sera le terrain d’expression de la première édition de l’Africa on the Map{ping} Festival – Bujumbura –, du 1er au 6 juin prochains. Imaginé par les collectifs La Symphonie du souffle et Lumartis, qui regroupent une dizaine d’artistes vidéastes, photographes, motion designers et mappeurs dont Albert Morisseau Leroy, Jonathan Nkubito Nindorera, Daniela Pinto, Fred Ebami ou encore Achref Guesmi, ce projet est à la croisée de la poésie, du numérique et de la sublimation territoriale.
" C’est ici, à Bujumbura, à la source du Nil, que nous souhaitons faire jaillir un flux lumière qui rassemble. Nous voulons partager la joie et ouvrir les horizons possibles aux jeunes générations. "
Tout ceci est né d’une idée folle, apparue lors d’une formation en vidéo mapping menée par Albert
Morisseau Leroy dans le cadre du dispositif Burundi en création auprès d’artistes prometteurs de la région tels que Junior François Adasopi (Congo), Jonathan Nkubito Nindorera (Rwanda) et Françoise Christelle Faila (Congo).
« Ils étaient tous talentueux et hyper motivés à créer, projeter leurs œuvres ici et c’est ce qui nous a porté collectivement dans cette aventure. Ce qui me plait, c’est l’idée de faire sortir l’art des lieux attendus, d’apporter des sourires en faisant vivre les façades ; et que chacun s’exprime, se réapproprie son récit. » confie le représentant de la Symphonie du souffle à Africultures.
Le festival se veut à taille humaine, et aux rêves grands d’une jeunesse vibrante ; car dans ce petit
pays d’Afrique des grands lacs, enclavé entre le Rwanda, la Tanzanie et la République démocratique
du Congo, où l’agriculture demeure l’une des premières sources de revenu et où les coupures
d’électricité sont monnaie courante, les rêves peuvent avoir la vie dure… Mais « c’est là que réside
toute la magie » selon les organisateurs, puisque le festival vise également à faire connaître le Burundi, équiper les artistes en matériel de projection grâce à la contribution d’acteurs africains, ainsi qu’à tisser des ponts avec d’autres pays (France, Guatemala, Nigéria, Tunisie) pour impulser davantage de projets autour des ICC.
Envisagé comme un art de rue numérique et éphémère, le vidéo mapping propose des installations immersives qui invitent les habitants à porter un autre regard sur leur ville. A travers les œuvres projetées sur les façades, un dialogue s’installe entre culture, modernité et futur, à ciel ouvert. Pour cette première édition, l’église grecque orthodoxe et l’immeuble Old East de la place de l'indépendance de Bujumbura ont été choisis par les artistes. Deux bâtiments aux symboliques et architectures différentes mais connus de tous les résidents, qui pourront en profiter gratuitement. Précéderont à ces festivités, des tables rondes sur cet art encore peu connu en Afrique centrale ainsi qu’un spectacle intitulé « Noyau de mangue » mêlant danse, son (musique composée par Blick Bassy) et images, faisant écho aux cicatrices de la vie, le 4 juin à l’Institut français.
Alors si l’invitation de Gaël Faye ne vous avait pas déjà transportés « Bujumbura, si tu hésites encore, pas la peine, tu vas aimer mon pays de la colline à la plaine ! Buja Buja faut qu’on bouge à Buja », l’Africa on the Map{ping} bisse ça et vous ouvre grand ses bras, en juin, à Bujumbura !
Retrouvez le festival sur Instagram : @lasymphonie_dusouffle
Marine DURAND
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