Résumé : D’abord une histoire d’amour, comme il y en a tant d’autres. Mais très vite, les insultes, les coups, l’engrenage de la violence. L’homme avec lequel Jacqueline Sauvage s’est mariée à dix-sept ans transforme sa vie en enfer, régnant sur le foyer en véritable tyran. Leurs enfants, humiliées, frappés, terrorisés, ne sont pas épargnés. Tous partagent le même sentiment paralysant : la peur. Cette peur qui les empêche de partir ou encore de le dénoncer.
Et puis il y a ce lundi 10 septembre 2012. Ce jour où Jacqueline commet l’irréparable. Trois coups de fusil. Le bourreau est mort.
Le 28 décembre 2016, François Hollande a gracié Jacqueline Sauvage.
Après des décennies de silence, Jacqueline prend la parole. Pour toutes les femmes prises au piège de la violence conjugale.
Avis : L’histoire de Jacqueline Sauvage mais aussi de ses procès. Et oh purée ! J’étais tellement en colère pendant toute ma lecture, contre la justice notamment qui refuse de voir Norbert comme l’homme violent et dangereux qu’il était. Ca m’a foutu en boule, j’ai serré les poings, j’ai été réellement furieuse. Jacqueline nous parle de cette non-vie avec un homme hyper violent, qui, si au début essayait de montrer deux faces de lui (une bonne et une violente), a lentement plongé cette famille dans l’horreur, cette femme jusqu’à ce qu’elle lui tire dessus. Mais c’était elle ou lui. Et surtout elle sentait ses enfants en danger.
Le fils de Jacqueline s’est malheureusement suicidé, mais ses filles ont soutenu leur maman jusqu’au bout, malgré une « justice » bien décidé de faire payer à Jacqueline la mort de son mari. Ce mari qui l’a frappé pendant quarante sept ans, ce mari qui a violé ses filles, ce mari qui était une véritable ordure au point que personne dans le village l’aimait, qu’ils avaient même peur de lui.
Alors oui, on peut se demander pourquoi elle n’est pas partie, mais se demander ça c’est ne pas comprendre les systèmes d’emprise, c’est encore mettre la faute sur la victime plutôt que sur la personne violente. C’est aussi oublier que le système est très mal foutue en France pour les femmes victimes de violence, et c’est oublier que la police ou les gendarmes ne prennent que très peu au sérieux ce genre de chose (et je le sais parce qu’on l’a vécu). Donc non, ce n’est pas et ne sera JAMAIS la faute des victimes.
J’ai vraiment beaucoup plaint cette femme qui a continué de se battre tout de même, au moins pour ses filles. C’était horrible, et j’ai tenu bon jusqu’à la fin où j’ai éclaté en sanglot. Une bien triste histoire mais malheureusement pas la seule.
