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" data-image-meta="{" width="228" data-comments-opened="1" aperture="aperture" />Par l’intermédiaire d’une amie, je suis entrée en contact avec l’œuvre poétique de cet auteur et j’ai apprécié bon nombre de ses textes, qui révèlent une grande maîtrise de la langue et une sensibilité affûtée.
Je remercie Florence Paschal, la fille d’André Davoust, qui m’a très gentiment offert ce livre, sans m’avoir jamais rencontrée auparavant, ce qui m’a extrêmement touchée !
Les thèmes picturaux et musicaux reviennent de temps en temps à travers ses différents poèmes : il évoque, par exemple, Camille Claudel, Cézanne, Haydn, Brahms, Rembrandt, Rilke, Van Gogh, Munch…
C’est pourquoi j’avais parlé une première fois de ce livre en avril dernier, lors du Printemps des Artistes.
Les poèmes que j’ai choisis aujourd’hui ont, pour deux d’entre eux, été publiés initialement dans la « Nouvelle Revue Française » en octobre 1989.
Tous les trois proviennent du recueil « Mise en demeure« , vers le milieu du livre.
« Les valises » décline le champ lexical de la gare en l’entremêlant avec les thèmes de la mémoire et du corps humain, dans une recherche d’images très convaincantes.
De même, « L’Escalier de secours » déroule devant nous le champ lexical de l’escalier pour nous entraîner dans un vertige psychologique et métaphysique.
Le poète procède à des glissements de sens, des juxtapositions surprenantes, créatrices de sensations.
Note biobibliographique sur le Poète
André Davoust, né en 1934, est décédé le 3 juillet 1998. Maître de conférences à l’Université Paris VII, il se spécialise en linguistique et soutient brillamment, en 1992, sa thèse de lexicologie.
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C’était un homme de passions, au nombre desquelles figuraient la musique et l’amour des mots. Son goût pour la musicalité de la langue et les jeux de langage a trouvé son accomplissement dans l’écriture de ses poèmes. Maintes fois retravaillés, la plupart d’entre eux s’inscrivent dans trois recueils : Espace de sève, Mise en demeure et Mise en présence. A la poésie s’ajoute le théâtre, Le Toit étant sans doute sa pièce la plus intime. Trois nouvelles ont également leur place dans son œuvre foisonnante, mais ce genre, auquel il s’est essayé au début de son écriture, est rapidement abandonné.
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Cette édition posthume de l’intégralité de l’œuvre d’André Davoust est un hommage rendu à un auteur, mais aussi à un père disparu bien trop tôt.
Florence Paschal et Emmanuel Davoust
(Source : Préface)
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Trois Poèmes
(Page 55)
Les valises
Sages, souples, à peine grises,
dociles sous mes doigts qui se souviennent
Mes valises m’attendent
A la consigne de la mémoire
Comme d’autres guettent le train
Qui remonte les rails du temps.
Elles savent et se taisent,
Mais sous leur peau résignée
Se cachent les veines des voyages.
Ce sont elles maintenant qui me portent.
Je me tapis dans leur ventre doux
Pour écouter battre mon passé.
Lentement je m’enfouis dans la poussière
Où se perdent les pistes,
Sous les plis et les plaies des poches à secrets,
Frôlant des lèvres leurs fermoirs éteints.
Si un jour souffle sur nous un vent d’éclipse,
Il n’emportera d’elles pour tout bagage
Légères comme une escale,
Que leurs vieilles âmes burinées.
(publié dans « La Nouvelle Revue Française » n°441 d’octobre 1989).
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(Page 52)
Capillarité
Il s’était blessé, et l’arbre saignait.
Son bras n’était plus qu’une branche morte.
Dans la broussaille de ses cheveux
Sa main se tachait de sève et de sang.
Il s’assit, l’arbre aussi.
Il se fit un silence de racines,
Comme un complot de peines partagées.
Et les deux amis peu à peu s’endormirent
Pour se rejoindre sous l’écorce.
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(Page 67)
L’Escalier de secours
Sous chaque marche,
C’est tout mon sang qui craque,
Mes souvenirs qui s’entrechoquent
Comme des arbres avant la coupe.
Je monte
Mais à mesure
L’escalier se détourne.
Sous la pâleur des murs,
Aucune ombre, aucun ami.
L’escalier m’a croisé sans me reconnaître.
Je l’entends qui dégringole
Quatre à quatre
Au fond de moi.
Quelques pas de plus
Et ce sera la porte
Sur le vide.
(Publié dans « La Nouvelle Revue Française » n°441 d’octobre 1989)
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