Bonjour,
Récemment je vous annonçais ma présence au Marché de la poésie, à Paris 6e, Place Saint-Sulpice, le vendredi 5 juin (demain) entre 16h et 18h au stand des éditions Atelier IMIS.
Cet événement marquera la parution de mon nouveau livre : « Petites proses insolites et autres problèmes insolubles« .
Un recueil de quarante-cinq textes, plutôt courts (souvent une seule page, parfois deux, trois exceptionnellement), poétiques par leur inspiration, mais aussi narratifs.
J’ai laissé libre cours à mon imagination, à mes rêveries, à ma fantaisie – qui, cependant, finissent toujours par se rattacher à des réalités bien tenaces, par allusions, analogies ou extrapolations !
Pour se procurer le livre, vous pouvez l’acheter via le site de l’éditeur :
en suivant ce lien
Ou alors vous pouvez venir me voir demain au Marché de la poésie (pour la dédicace en plus…)
Ou encore, vous pouvez me contacter sur ce blog et un échange en mp me permettra de vous envoyer le livre (là aussi, dédicacé…)
Présentation de l’éditeur
L’inspiration puissante de Marie-Anne Bruch nous invite à pénétrer dans un récit d’atmosphère, version polyphonique du rêve, et à en repousser les contours. Il nous revient de partager ses visions, autant de fractions de mondes que de fractions de pensées, par imprégnation lente ou par embardées, les yeux entrouverts entre fable et réel. Le chemin ainsi ouvert se scinde et déploie ses ramifications vers un champ de possibles où l’écriture devient le moyen de manier et l’absurde et la lucidité, et mine de rien, de focaliser l’attention sur les vertiges de notre société.
Chaque moment se revendique d’un réalisme absurde et porte sa propre exaltation, la sensation de chuter, par exemple, celle de voler, le trouble qu’inspire la répétition d’une même chose, sont évoqués à une distance qui nous est à la fois familière et difficile à appréhender.
Indifféremment au féminin ou au masculin, la présence est mouvante et peut revêtir toutes les formes et identités, capable de tout vivre, tout explorer, l’exiguïté et la démesure, les sensations corporelles, les dérives du temps. L’intangible est sous le mot, sous l’image, embusqué, il naît d’une langue déterminée, directe, aux intonations poétiques. Petites proses insolites a la particularité du rêve et de son souvenir, une boussole interne, et va au rythme d’une respiration, celle de l’autrice, toujours plus longue, plus large, plus éprouvée.
(Source : Site de l’Atelier IMIS)
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Choix d’une petite prose
(Petite prose numéro 3)
Écrire est mon devoir. Dehors, la neige a obstrué l’espace. Les feuilletages de verglas se superposent aux duvets de poudreuse et le ciel cotonneux n’en peut plus. Chaque jour il me faut noircir une nouvelle page. Le thème est libre. Je n’ai que la chambre vide, le paysage immaculé et ma peau solitaire pour chercher l’inspiration. À la fin de mon travail quotidien, un fulgurant et dur éblouissement me signale le début d’une autre journée. On vient relever ma copie et poser face à moi un énième rectangle de pure blancheur. On remet mes compteurs à zéro, mes désirs au point mort, mes songes à l’heure immémoriale. Puis mon crayon reprend son cheminement errant.
Nous sommes nombreux, ainsi enfermés, chacun dans son réduit, à écrire. Conscients les uns des autres mais jamais en contact. On dit que nos textes sont envoyés par containers à la base militaire, puis stockés dans d’énormes hangars, situés sur la lune. On dit aussi que, dans mille ans et un jour, ils seront tous redescendus sur Terre et proposés à l’admiration générale. De temps en temps, un homme en blouse d’infirmier surgit dans la pièce et me dit : « Courage ! Courage ! » J’éclate de rire. Quel idiot ! Comme si je n’avais pas compris depuis des lustres que l’essentiel, ici, c’est la neige !
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