J’étais allée une seule fois à l’Opéra dans ma vie, il y a plus d’un quart de siècle, pour voir « Carmen » de Bizet qui, certes, était très bien, sans m’avoir beaucoup remuée…
En 2025, j’ai eu envie de tenter une seconde expérience à l’Opéra-Bastille et j’ai demandé à Jean-Louis du blog Tout l’opéra ou presque – un grand spécialiste du domaine – de me conseiller dans le choix de ce spectacle.
Sachant que je souhaitais voir un opéra pas trop trop long (moins de trois heures, entractes compris), il m’a conseillé « Tosca » de Puccini, qu’il avait eu l’occasion d’apprécier deux ou trois ans auparavant.
Un très grand merci à lui car ce fut un spectacle splendide, somptueux, qui nous à éblouis, mon compagnon et moi !
Comme les deux personnages principaux de cet opéra sont des artistes – Fiora Tosca est une grande cantatrice et Mario Cavaradossi est un peintre célèbre – cette chronique prend place dans mon défi du Printemps des artistes.
Pour lire l’article de Jean-Louis du blog Tout l’Opéra ou presque sur Tosca, cliquez ici !
Note pratique sur cet opéra
Date de création de l’œuvre : 1900
Musique de Giacomo Puccini
Livret de Giuseppe Giacosa et Luigi Illica d’après une pièce de théâtre française de 1887 : « La Tosca » de Victorien Sardou.
Date de la représentation que j’ai vue : 14 décembre 2025
Direction musicale : Oksana Lyniv
Mise en scène : Pierre Audi (1957-2025)
Distribution : Elena Stikhina (Tosca) ; Adam Smith (Mario Cavaradossi) ; Alexey Markov (baron Scarpia)
Durée : 2h50 (avec deux entractes de 25 minutes)
Un résumé court du début de l’histoire
L’histoire se passe à Rome en 1800, à l’époque des guerres napoléoniennes, dans une grande instabilité politique en Italie. Le peintre Mario Cavaradossi est un fervent républicain, il est en couple avec la belle cantatrice Fiora Tosca, qui a tendance à lui faire des scènes de jalousie. Un jour, Mario aide un prisonnier politique en fuite à se cacher. Mais le baron Scarpia, chef de la police secrète, monarchiste et faux dévot, fait arrêter Mario pour lui faire avouer où est le fugitif. Non seulement Mario est un ennemi politique mais Scarpia a des vues sur Tosca. Il fait torturer Mario par ses hommes de main à côté du bureau où il reçoit la belle cantatrice, pour qu’elle entende les cris de son amant et cède à son chantage. (…)
Mon avis
Les mélodies présentes dans cet opéra sont à la fois très raffinées et d’une grande force, dans le sens où elles sont faciles à retenir et, en même temps, splendides. A côté des airs hyper célèbres « Vissi d’arte » (dont Maria Callas avait donné une version de référence, souvent entendue) ou « E lucevan le stelle » (où beaucoup de ténors ont brillé), d’autres airs tout à fait mémorables émaillent ce spectacle. J’aime particulièrement, à la fin du 1er acte, l’imprécation de Scarpia « Va, Tosca ! », ou, au troisième acte, l’air « Dolce mani » chanté par le ténor Mario.
Chef d’œuvre du Vérisme, « Tosca » se caractérise par une très grande intensité dramatique. En effet, on trouve dans cet opéra beaucoup de crimes ou, en tout cas, de violences : une longue scène de torture (hors champ mais on entend les cris), du chantage, une tentative de viol, un assassinat, une exécution à mort, un suicide. Certes, ça fait beaucoup de drames en peu de temps et on pourrait croire, après un aperçu rapide, que les ficelles sont trop grosses – Mais non, on y croit, on adhère. Cette histoire parfaitement rythmée, logique dans ses rebondissements, mettant en scène des personnages fortement typés, fonctionne à merveille sur le spectateur. Je crois aussi que le côté « resserré » de l’histoire – seulement trois personnages principaux, une assez grande simplicité des situations, chacun des actes ne durant pas plus de trois quarts d’heure – participent de cette efficacité dramatique et de l’émotion suscitée.
Les décors mettaient en valeur le symbole de la croix chrétienne – le crucifix, plusieurs fois représenté, sous différentes formes. Et, en effet, il y a pas mal de références à la religion dans cet opéra. Ainsi, au premier acte, le peintre Mario, qui est pourtant décrit comme « voltairien », est occupé à portraiturer une Sainte Madeleine. De même, l’horrible baron Scarpia nous est présenté comme un tartuffe, un faux dévot, qui cache ses mauvais desseins sous des apparences pieuses.
Bien que je sois allée voir ce spectacle avec un peu de réticence, en me demandant si ça pouvait me plaire, si je n’allais pas m’ennuyer… Toutes mes craintes sont très vite tombées !
J’ai vraiment adoré « Tosca » !
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