Les installations, présentées au Grand Palais tout l'été sont purement bluffantes, même lorsqu'on nous en a dévoilé les coulisses. Il faut dire que l'illusion est pensée avec intelligence en suivant des règles architecturales et en appliquant les lois de l'optique comme le font nombre de magiciens.
A la fin du parcours le spectateur est confronté à une citation de Cao Xuegin, tirée du Rêve dans le pavillon rouge, vers 1791 : Lorsque le faux est pris pour le vrai, le vrai lui aussi devient faux. C'est assez amusant car, de fait, j'ai cru que l'escalier qui reconduit au rez-de-chaussée était une installation alors qu'il était tout à fait réel. A s'y méprendre, photos à l'appui en fin d'article !
Né en 1973 l’artiste vit et travaille entre Paris, Buenos Aires et Montevideo. Son père architecte lui a transmis la passion pour cet art. Il élabore chacun de ses projets en réalisant des maquettes, véritables objets d'art et exploits techniques. De son premier projet absolument extraordinaire à l'âge de 21 ans consistant à reproduire l'obélisque symbole de Buenos Aires en banlieue (imaginez deux tours Eiffel, une à Paris et l'autre à Evry par exemple) à sa piscine mythique - où les visiteurs semblent en mesure de respirer sous l'eau - en passant par sa fascinante installation d'une école abandonnée où nous devenons soudainement des apparitions. Erlich s'amuse avec la réalité par le biais d'artifices simples empruntés tant au monde de la prestidigitation qu'à l'art baroque: illusions, faux-semblants, trompe-l'œil, miroirs, doubles fonds... pour faire dilater les espaces à l'infini. Il crée ainsi des lieux où les visiteurs deviennent co-auteurs.
Elevator Pitch (2011) reprend une scène banale de la vie quotidienne: se retrouver devant un ascenseur en attendant qu'il s'ouvre mais ... une fois les portes automatiques ouvertes il est impossible de monter! Elles s'ouvrent pour révéler un grand écran projetant en boucle des images d'une ou plusieurs personnes engagées dans une série de scènes: ascenseur bondé rempli d'enfants et de ballons, homme seul, groupe de fêtards ... souvent teintées d'humour mais toujours intrigantes.
Une suite de petites cabines d'essayage soignées - aux rideaux rouges et aux miroirs encadrés d'or - connectées entre elles forment un labyrinthe monumental. En entrant dans l'installation Changing Rooms, conçue en 2008, la surprise, le questionnement et la désorientation sont une nouvelle fois assurées. Les visiteurs découvrent avec surprise et amusement que les cabines offrent peu d'intimité et que plusieurs miroirs n'en sont pas.Jouant savamment des reflets et de leur absence, de la disparition et de la multiplication à l'infini l'artiste invite les visiteurs à un jeu où chacun peut en effet voir la personne qui la jouxte, peut être vue d'elle mais peut aussi se refléter à l'infini.
Leandro Erlich au Grand PalaisDu 2 juin au 6 septembre 2026Exposition organisée et produite par le GrandPalaisRmn et ArthemisiaLe Grand Palais est ouvert du mardi au dimanche, de 9h30 à 20h, avec une nocturne le vendredi jusqu’à 22h30. Fermeture les 25 décembre, 1er mai et 14 juillet1 Avenue Winston Churchill, 75008 Paris
L'oeuvre qui n'est pas légendée est White Coral, 2025. C'est une sculpture de la série Hybrides en nylon et peinture
