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Fleur de Peau

Publié le 08 juillet 2026 par Hunterjones
Je faisais le constat qu'au bureau, le mépris du travail qu'on fait, un collègue et moi, n'était plus qu'exclusivement salarial, mais tout à fait assumé et très peu caché. Un nouveau patron (3 mois) menaçait de manière moqueuse une collègue plus nouvelle encore (2 mois) de lui faire faire ce qu'on fait, mon collègue et moi, que nous lui avions appris la semaine dernière, ce à quoi elle a répondu un vif et très fort NON!.Et tout le monde a ri.

Pas mon collègue et moi. 

Respectivement avec l'entreprise 10 ans et 9 ans. Ce qui ne compte pour rien ici. Les indignités sont multipliées depuis janvier...

Comme trop souvent encore, depuis un bon six mois, j'étais à fleur de peau.

Marc Messier, le comédien Québécois pas l'ancien joueur de hockey des Oilers/Rangers/Canucks, l'acteur, a choisi ce moment pour partir dans l'haut-delà. 

Il avait l'âge que mon père aurait eu. 78 ans. Enfin mon père, né le même jour que Paul McCartney, ce dont il était très fier, aurait eu 79 aujourd'hui car son anniversaire était il y a 20 jours. Messier l'acteur est né à la mi- aôut, à Granby. À 15 ans, un prof d'anglais le pousse à jouer dans Hamlet dans son école secondaire et, telle une drogue, la passion du jeu l'obsède. Moi je le découvre aussi à 15 ans. Dans Lance et Compte. C'est la première fois que j'en entends parler ou que je le vois, il joue Marc Gagnon, capitaine du National de Québec, habile croisement des Canadiens pour le nom du club et des Nordiques, mon club chéri, dont ils peuvent partager le presque pareil "N" sur le gilet qui est légèrement modifié, mais rappelle absolument mon club préféré. Le Québec commence tout juste à faire "des séries télés lourdes". On tourne la série au Colisée de Québec dans ma région. Où j'y ai joué trois ans de suite pee-wee, au tournoi, dont deux fois jusqu'en finale. Portant d'ailleurs le gilet des Nordiques, mais avec la Fleur de Lys (le nom de notre équipe) à la place du N des Nordiques. Et le pantalon long (bleu) que portaient les Flyers et les Whalers à l'époque. On avait du style. Marc Messier aussi. Je ne le connaissais pas avant Lance & Compte. Ai découvert Broue et Les Voisins par la suite. J'ai même cité tout mon secondaire une de ses répliques dans ce chef d'oeuvre de l'éloge de la banalité banlieusarde, de Claude Meunier et Louis Saïa. Dans une scène où personne ne s'écoute, le personnage de l'excellente Muriel Dutil s'extase en disant "Ça goûte donc ben bon de la mayonnaise. On peut pas dire à quoi ça goûte. Comment ça se fait que c'est bon avec n'importe quoi ?" Ce dernier, joué par Messier, lit le journal et ne l'écoutait pas du tout répondant des banalités. Il finit par lui demander "Quoi?", elle lui dit simplement "La mayonnaise ? " ce à quoi il lui répond, "Elle est là, là!" en la pointant. (vers 46:00 dans l'hyperlien) Quand on était ado et qu'on venait de dire quelque chose qu'on savait que l'adressé(e) n'avait pas écouté, on lui disait "La mayonnaise! e' là, là!" et tout de suite on comprenait qu'on avait pêché par non écoute. Mon amie Val avait comme réplique favorite "Bernard! j'ai dit Bernard !" de cette même pièce. 

Marc avait grandi avec une patinoire au coin de la rue. 

Voilà pourquoi il était fin patineur pour Lance & Compte. Et aussi bon pour la série de films Les Boys. "Sa dureté du mental" est une autre citation épique au Québec.  

Marc Messier faisait rire. Mais il pouvait aussi attendrir. Il avait ce regard bleu baignée de mélancolie. Il sera vilain dans Omerta, dans le rôle de Pierre Spencer, financier corrompu. Dans la seconde saison. Il avait ce bleu dans les yeux qui sentait la fleur de peau. Extrêmement sensible et vif en est la définition officielle. Ça va toujours bien à un acteur. On sentait qu'on pouvait faire confiance à un Marc Messier. Son ami Michel Côté l'a ramené à lui un an après qu'il soit monté là-haut lui-même. 

Du trio original de Broue, il ne reste que le plus discret, Marcel Gauthier. La pièce détient le record Québécois d'avoir été jouée tous les ans, pendant 38 ans de suite par eux. Les tout aussi inséparables Martin Drainville, Benoit Brière et Luc Guérin ont repris le flambeau presque tous les étés depuis. 

Me rendant à l'épicerie épicée Adonis, je naviguais avec une fragilité bizarre. Je vivais le deuil de Messier, jumelé au deuil de U2, dont j'avais aimé les efforts de mars dernier, mais dont le dernier single m'a tant déçu. Ça m'a fait penser à Duran Duran qui promet aussi un prochain album, avec un single plus infect encore. 

C'est ce que vous avez de mieux pour le prochain album ? 

OUCH!

J'adore ce qu'offre Adonis, mais j'aime y aller sous mes conditions. Pas au retour du travail. Où l'heure où j'y passe est la même où les distributeurs de poulet BBQ font la rotation des employés. Certains partent, certains arrivent, y a jamais plus de monde pour nous servir mais jamais très rapidement. On se parle dans une langue étrangère, on rit, on rigole, je devines qu'on parle soccer, et ça prend un temps fou pour se faire servir. L'amoureuse utilise comme prétexte que je passes tout près au retour du travail, vers 15h45, ce qui est en partie vraie, mais qui me force à prendre une sortie qui me retardera ensuite de 45 minutes quand je voudrai reprendre l'autoroute. C'est jamais un service que de me demander d'aller chez Adonis à 15h45. Mais cette fois, hier, Oh! que se passe-t-il ? service tout de suite ! Bonheur.

Mais arrivé aux caisses, la caissière me regarde d'abord me diriger vers elle, se retourne et crie "Cassidy!" derrière elle. Je crois comprendre qu'un changement de caissière se prépare. "CASSIDY!" répète-elle plus fort derrière elle. Je passe à un cheveu de le crier moi-même. "CASSIDY ! ON A DIT CASSIDY!". Elle finit par arriver. Elle est aussi jolie que son nom. Mais me rappelle "une assassinée dans la fleur de l'âge" de balado récemment écouté. 

Fragilité revenue. Délai chez Adonis encore.

Mélancolie.

Fleur de peau.   

Merci Marc de nous avoir fait rire toutes ces années. De nous avoir bouleversé(e)s. 

Maintenant va jouer au hockey avec l'ami Côté. 

Y a une belle caricature tendre à faire demain, caricaturistes Québécois. Une bière céleste offerte par Michel à son ami Marc. En entendant Marcel. 

Une t'ite frette, mon Bob ?

J'aurai besoin de ta dureté du mental au bureau. Merci encore, Marc.

Pas le joueur de hockey, mais je joueur de hockey quand même. 

Le joueur qui a amusé, attendri, fait craindre. 

Qui nous as amené souvent à fleur de peau.      


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