Le titre de la chronique est inspiré de 4 albums que j'ai tant surécoutés dans ma vie que j'en connais toutes les paroles, tous les tons, tous les airs, toutes les notes, toutes les nuances, tous les sons. Bref, cette musique est désormais composante de mon ADN.
Blonde on Blonde de Bob Dylan
The Idiot d'Iggy Pop
Low de David Bowie
The Unforgettable Fire de U2
B.I.B.I. c'est moi. C'est aussi la terminaison du mot arabe habibi voulant dire je t'aime.
Musique, je t'aime.
C'est l'album de l'ambition démesurée d'un écorché vif. En mars 2002, Damien Saez a 24 ans. Mais porte déjà sur ses épaules, en Europe francophone, le statut de porte parole d'une génération désabusée. Réputation acquise 2 ans avant avec un hit au titre assumé. Attendu par la critique pour la suite, Saez refuse la facilité commerciale et choisit de livrer un projet gigantesque , sombre et complexe, aérien croisant musique chantée et musique instrumentale. Double album de pas mois de 29 titres (30 en comptant le morceau caché) séparé par deux disques distincts : God Blesse et Katagena.
Entre français et anglais.
Instrumental et chanté.
En disque 2, il rompt radicalement avec le rock du premier volume. Ici, Saez s'éloigne des structures de chansons classiques pour proposer une oeuvre immersive, presque cinématographique. J'ai d'ailleurs écrit quelques scènes en m'inspirant de cette musique pour un film jamais proposé. Mais scénarisé.
On le sent fortement influencé par la musique classique, et l'électronicko rock de l'époque, Radiohead ou Massive Attack. Les morceaux s'allongent, portés par des pianos mélancoliques, des nappes de synthétiseurs et des arrangements de cordes tragiques. Les titres durent parfois plusieurs minutes, est sont complaintes instrumentales poignantes. Saez y abandonne parfois les paroles pour laisser parler la musique, créant une atmosphère de fin du monde. Un sentiment d'urgence. Le coeur sur la main. Il offre même 11 seconde de silence. Vers la fin. Pour respirer.
Lorsqu'il prend le micro, il prose en poésie dépouillée, il appelle aussi à la résistance poétique face à la déshumanisation du monde.
On le sent emo. Sous culture dont je suis issu, née au milieu des années 80 dans la scène punk mondiale, avant de devenir plus populaire, justement au début des années 2000.
24 ans après sa sortie, ce grand succès français (moins ici) reste considéré comme le chef d'oeuvre absolu de cet absolutiste artiste, posant toute les bases de sa discographie future: l'engagement politique, la grandiloquence du piano-voix et le refus des compromis face à l'industrie musicale.
Pour amateurs de musique francophone, électronicko rock, de piano, de cinéma, de Radiohead période Kid A/Amnesiac, de Massive Attack, d'alternatif, d'intensité lyrique, de mélodies classiques, de pop, de dance et de techno. De Noir Désir ou Nirvana,
De musique emo.
