Le poète Samuel Martin-Boche a eu la gentillesse de m’envoyer son recueil La Clef par la fenêtre, publié en automne 2025 dans la collection Les Cahiers du Loup bleu chez Les Lieux dits éditions.
La belle illustration de couverture est l’œuvre de Luce Guilbaud.
Ce recueil est composé de 47 poèmes de sept vers – des septains, donc – qui abordent tous le thème unique de la maison : mais une maison tout à fait particulière qui, par exemple, « tourne sur ses gonds », est traversée par un autobus puis, plus loin, par un rosier grimpant… une maison qui a non seulement des fenêtres et des escaliers mais aussi des verbes et des adjectifs, ce qui amène le lecteur vers d’autres images, d’autres recherches de significations.
Ces textes ont un ton ludique, fantaisiste, primesautier, et les références au monde de l’enfance sont assez nombreuses : ainsi la maison qu’on dessine en commençant par la cheminée ou par l’oiseau, ou encore l’escargot à « enjamber (…) sur le tapis », qui m’a fait penser à l’atmosphère d’une comptine…
Les présences végétales ou animales, au sein des différentes pièces de cette maison, nous la représentent complètement intégrée à la nature, ouverte vers l’extérieur.
Beaucoup d’images insolites, pétillantes, bâtissent cette maison pleine de mots qui « plonge ses racines au centre de la terre ».
Un livre vraiment agréable, qui m’a ramenée à des impressions d’enfance assez lointainement enfouies !
Note biographique sur le poète
Né en 1977, Samuel Martin-Boche est venu tardivement à l’écriture, après l’expérience – à vingt ans d’intervalle – du voyage et de la paternité. À partir de 2017, il commence à participer à plusieurs revues de poésie, avant de publier ses premiers textes. Recueil paru en 2020 : « La ballade de Ridgeway Street », carnet de voyage poétique qui revient sur un séjour d’un an en Irlande du Nord (Polder 186, Décharge/ Gros Textes). Publications de livres de haïkus aux éditions du Petit Pois. Il vit aujourd’hui à Nevers, où il enseigne le français au collège.
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Choix de Poèmes
13
dans le salon un tapis
de crocus jaunes
recouvre le plancher
la forêt fait
trois fois
le tour de la maison
se jette dans la rivière
*
30
dans un coin
de la cuisine
l’araignée du matin
précautionneusement
tisse sa toile
jusqu’au prochain
poème
*
37
colimaçon
les idées
dévalent
les adjectifs
s’éparpillent
aux quatre
coins du tapis
*
