Voici un des titres, lus en mai et juin (surtout juin), pour le prix des adhérents Fnac 2026. J’ai reçu fin mai tout d’abord trois livres de la rentrée littéraire en avant première (dont celui-ci), à lire dans le plus grand secret. Celui que je vous présente aujourd’hui aura été le troisième lu de ma sélection. J’ai été tout de suite surprise puis séduite par le ton très oral de cette autrice qui en est à son troisième opus et que je ne connaissais pas. Ce récit est d’une telle force, d’une telle juste rage. J’ai été tentée d’en recopier de nombreux passages. Je vous avoue que je les ai surtout pris en photo. Je suis heureuse d’avoir reçu ce roman original qui correspond à mes goûts littéraires et qui, pour une fois, mérite les métaphores « uppercut » et « coup de poing ». Bref, j’ai adoré rencontrer Darya/Dounya, merci la Fnac !
Le résumé
Dounya a la trentaine et se trouve à un moment de sa vie où tout semble aller de travers. Elle se sépare du garçon avec lequel elle vivait après avoir constaté son infidélité, elle doit quitter l’appartement dans lequel elle n’a fait que passer et qui ne lui a jamais appartenu, et se fait virer de son travail au sein d’une association. En préparant son départ, elle tombe sur des cartons contenant ses archives personnelles. Elle retrouve alors Darya, la jeune fille qu’elle était, et décide de lui parler dans de longues lettres de « revanche » des hommes qui ont croisé son chemin, une manière de transcender certains faits, de constater avec le recul combien elle a subi leur masculinisme décomplexé et de se réapproprier enfin sa vie. Sa liste de lettres de « haine », comme elle dit concernera tour à tour Kevin de la récré, Moineau, un gynécologue, son patron, et d’autres types peu recommandables.
Mon avis
Ce roman est un indéniable coup de cœur mais attention il ne se laisse pas apprivoiser facilement. Le langage utilisé, le flot de pensées de la narratrice, sont autant d’obstacles à une lecture fluide. Mais est-ce vraiment ce que l’on recherche à chaque fois, être bercée ? J’ai vraiment aimé ici être surprise, par la forme, par cette manière parfois hachée de faire avancer le récit. Mais tout à coup, le lecteur se rend compte que la forme participe, que c’est une confession que la narratrice nous propose, qu’elle nous délivre en réalité un témoignage, une plainte, de tous les abus, petits ou grands qu’elle a subi, qu’elle n’a parfois pas saisi sur le moment. Ils lui reviennent là, au fil de l’écriture, et elle veut prévenir du danger de ces hommes qui t’envoient du « love bombing », au début, et puis « rien te préparera à ce goût étrange, cendré, mélange de pneu crevé et de vue sur une fournaise », ensuite. Diaty Diallo nous offre un personnage féminin, blessé et en reconstruction, moderne, post ère #metoo que je ne suis pas prête d’oublier !
Editions Seuil – 21 août 2026
J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…

