❤ Ce n’est pas un secret, j’aime beaucoup lire Angélique Villeneuve, et ce depuis des années. C’est donc toujours un cadeau de savoir qu’elle sort un nouveau titre pour la rentrée littéraire. J’ai retrouvé ici immédiatement ce qui me plaît généralement dans l’écriture de l’autrice, sa voix et cette manière de parler des corps, de celui des mères principalement, cette fonction qui monopolise toutes les cellules. Chez Angélique Villeneuve, il y a le trop plein, puis au bout parfois la lumière.
Le résumé
Dans les premières pages, nous sommes en janvier 1910, en pleine crue du siècle. L’asile d’aliénées du département de la Seine, dans lequel Paulie est enfermée n’est pas épargné. Mais les grilles sont restées ouvertes, Paulie incite une autre femme à s’enfuir avec elle. Pourquoi cherche-t-elle aussi à emporter cette liasse de feuilles manuscrites ?
Mon avis
J’ai encore une fois adoré lire Angélique Villeneuve dans ce roman à fleur de peau dans lequel le lecteur accompagne Paulie dans sa découverte de l’amour, de la maternité, et aussi de la trahison. Paulie est un peu étrange, certes, pas très bavarde, mais elle sait s’occuper de ses abeilles, et de ses enfants. La vie paysanne est rude. L’homme auquel elle s’est attachée est violent. Angélique Villeneuve sait, comme dans tous ses romans, apporter à l’ombre et au découragement, un éclat de lumière, via une attention, un amour taiseux, une protection. On tremble pour Paulie, pour ses enfants. On cherche le lien entre le début du roman, cet asile duquel elle s’échappe, et la vie paisible qu’elle finit par réussir à se construire. Et j’ai lu pour le coup ce roman dans un état de vigilance assez particulier, le cœur pincé, l’haleine également, c’est une telle réussite !
« Apolonie C. (dite Paulie)
57 ans
ménagère
quartier des Paisibles
demi-mutisme
idées d’incendie
confusion des pensées
veut qu’on la laisse en paix
dit qu’elle a peur
rend service au jardin et à la tisanerie
s’occupe de la buanderie »
Editions Phébus – 20 août 2026
J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…

J’ai interviewé Angélique Villeneuve pendant le confinement [ici]
