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En attendant Marky Moon, Natalie Adler [La rentrée littéraire – Reçu grâce à Babélio]

Par Antigone

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Caroline Bouet

Il sort demain en librairie ;)

❤️ J’ai accepté de recevoir ce roman lors d’une opération Masse critique spéciale de chez Babélio. J’ai été attirée par sa couverture colorée et ce titre énorme qui prend toute la place, mais surtout par son résumé qui promettait de s’immerger dans le New York de 1984, en proie au sida et à la spéculation immobilière. Natalie Adler signe ici un premier roman enthousiasmant à bien des égards et d’une force remarquable. 

Le résumé
Renata vient de perdre Mark, son colocataire et meilleur ami. Atteint du sida, il a passé ses derniers jours auprès de son dernier amant. Renata, frustrée, l’attend pourtant, car elle voit les fantômes. Plusieurs de leurs amis, emportés eux aussi par cette terrible maladie, sont déjà apparus dans son appartement. Elle ne voit donc aucune raison pour qu’il ne vienne pas. Elle espère en tirer une certaine consolation, tout en restant discrète sur son don. Dehors, une organisation s’est mise à chasser les fantômes, guettant les âmes endeuillées. Les amis de Renata les soupçonnent de vouloir faire fuir les locataires aux loyers modérés. La gentrification menace désormais leur quartier.

Mon avis
J’ai adoré l’ambiance de ce roman d’une facture plus réaliste que fantastique, malgré le don de Renata et la présence de fantômes, auquel le lecteur croit sans aucun recul. C’est original, queer, d’une certaine fraîcheur et extravagant. Mais c’est également terriblement triste. Renata se remet de son deuil et grandit un peu, au milieu du chaos qu’est devenu le milieu homosexuel de New York, et elle attend Mark. Natalie Adler en a fait un personnage à la fois rebelle et attachant qu’on ne regrette pas d’avoir rencontré. Renata est par ailleurs entourée d’une galerie de personnages hauts en couleurs qui apportent du relief à la solitude de cette jeune femme en quête de sens. Les situations frôlent parfois l’absurde et donnent l’impression de vivre un épisode de « SOS fantômes » et pourtant c’est un de mes coups de cœur de cette rentrée.
Pour aller plus loin : j’ai pensé à « New York, esquisses nocturnes » de Molly Prentiss, sorti en 2016, que j’avais également adoré. J’ai pensé également au spectacle de Vincent Dedienne, vu cette année, tiré du journal de Jean-Luc Lagarce : « Il ne m’est jamais rien arrivé » et qui était formidable.

 Editions Phébus – 27 août 2026

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 4 

Lu dans le cadre d’une opération Masse critique Babélio spéciale [La fiche du livre]


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