Je l'ai surconsommé (le surconsomme encore), l'ai étudié, en fût diplômé universitaire, y ai travaillé, y ai été récompensé, en suis sorti, mais le cinéma ne m'a jamais quitté.
Je vous parle d'un film dont j'ai aimé l'histoire, la distribution, la trame sonore, la réalisation, les interprètes, le sujet, le thèmes, l'audace, bref je vous parle d'un film dont j'ai aimé pas mal toutes les décisions.
AMERICAN HUSTLE de David O.Russell.
J'ai hésité souvent avant d'honorer ce réalisateur qui est un véritable trou-de-cul sur les plateaux. Mais ce film a une histoire, une distribution et une trame sonore hors pair.
Pour comprendre le coup de génie de David O.Russell, il faut d'abord revisiter la genèse de cette folie: la véritable affaire Abscam. Vers 1978, ce qui était originalement appelée Arabscam par le FBI, avant qu'un élan de rectitude politique ne transforme le nom, prend forme dans un climat de reprise de confiance après le scandale du Watergate et le marasme économique qui a éclaté au grand jour 4 ans avant. C'est dans ce spectre cynique et désabusé que le FBI orchestre l'une des opérations d'infiltration les plus spectaculaires et controversées de son histoire.
Ce qui devrait être une simple opération de récupération se transforme en un engrenage infernal où tout le monde est attiré par l'argent facile. Des intermédiaires véreux mordent à l'hameçon et guident les faux investisseurs directement vers les cercles du pouvoir. Des chambres d'hôtel de NY aux villas de Washington, des caméras immortalisent l'impardonnable: un sénateur, six membres de la Chambre, le maire de Camden et des membres de la mafia locale sont tous filmés en train d'empocher des liasses de fric en promettant d'acheter des visas ou d'influencer des lois. L'onde de choc, lors de la révélation du scandale en 1980 ébranle les États-Unis, ouvrant un débat féroce sur les méthodes de piégeage du FBI.
La musique d'ailleurs, E.L.O., McCartney & The Wings, Bowie, America, les Bee Gees, Blood, Sweat & Tears, Donna Summer, Elton John, Steely Dan, The Temptations, Todd Rundrgren, Tom Jones, Duke Ellington, Ella Fitzgerald, Frank Sinatra, The Oscar Peterson Trio, c'est toujours payant d'investir dans la trame sonore.
Le paradoxe de ce film merveilleusement écrit est que le politicien maire corrompu est au final le personnage le plus noble, un homme guidé par l'amour sincère de sa communauté et de ses électeurs, piégé par sa propre candeur. Jennifer Lawrence n'a pas été nommée aux Oscars cette année-là pour son rôle, mais il est aussi magnifique qu'Amy Adams (elle nommée pour ce film) en chaos émotif et élément incontrôlable qui menace toujours de tout faire s'effondrer.
En 2013, 3 ans avant le maitre en la matière comme président, aux États-Unis.
La fin est formidable. Et nous rappelle que les É-U ont été bâti souvent à coups de magnifiques impostures.
Comme les 1,2 millions d'électeurs du Texas (6% des voteurs de l'État) aux inclinaisons démocrates, qui ne savent pas tous encore que leur droit de vote aux élections de mi-mandat sera nettement plus compliqué à appliquer aux élections de mi-mandat si ils ne réagissent pas tout de suite.
Un brillant démocrate, toutefois beaucoup trop pieux, mène par 6 pts. C'est peut-être ce 1,2 qui suffira à garder le syndicat du crime au pouvoir dans cet état, en Novembre.
