Du 8 octobre 2025 au 26 janvier 2026 s’était tenue l’exposition « Berthe Weil, Galeriste d’avant-garde » au musée de l’Orangerie, à Paris.
J’y suis allée avec curiosité, n’ayant encore jamais vu d’exposition centrée sur la figure d’une marchande d’art… ni d’ailleurs d’aucun marchand – un concept original et intéressant. Il est vrai que les noms des « grands » marchands d’art moderne de ces années 1900-1930 sont connus : les Paul Guillaume, Daniel-Henry Kahnweiler, Ambroise Vollard, Paul et Léonce Rosenberg… Du moins, on a l’habitude d’entendre citer ces noms incidemment, au détour d’une explication sur tel ou tel peintre, mais je crois que très peu de gens savent réellement qui ils sont…
Voici la présentation de Berthe Weil, qu’on pouvait lire à l’entrée de l’expo :
Introduction – « Place aux jeunes »
En 1901, Berthe Weill ouvre une galerie au 25 rue Victor-Massé, dans le quartier de Pigalle, en bas de Montmartre. Elle choisit de s’engager aux côtés des artistes de son temps en contribuant à leur révélation puis à l’essor de leur carrière. Parmi eux se trouvent certains des plus grands noms des avant-gardes, Pablo Picasso, Henri Matisse, Amedeo Modigliani, Suzanne Valadon, comme d’autres artistes moins en vue. Avec un enthousiasme et une persévérance sans faille, elle a été leur porte-voix et les a soutenus pendant quarante ans jusqu’à la fermeture de sa galerie en 1940, dans le contexte de persécution des Juifs pendant la guerre.
Dès 1933, elle est la première marchande à publier ses souvenirs ; sous le titre Pan ! dans l’œil… elle relate trois décennies d’activité, faisant œuvre de pionnière de ce genre littéraire qui, depuis, a fait de nombreux émules.
Mon Avis
C’était intéressant de voir réunies les différentes tendances picturales de ce premier tiers du 20e siècle. Berthe Weil était apparemment très ouvertes aux avant-gardes de son temps, à toutes les avant-gardes, dans leur diversité, au fur et à mesure qu’elles apparaissaient : Fauvisme, cubisme, abstraction, Ecole de Paris… Pour cette raison, l’exposition donnait une impression éclectique, reflétant l’incroyable foisonnement artistique d’une période cherchant inlassablement à inventer du nouveau, révolutionnant les formes et les couleurs sans relâche. Cet éclectisme, certes représentatif de la peinture de cette période, pouvait aussi donner une impression un peu fouillis, d’une exposition sans réelle ligne directrice.
Il n’en demeure pas moins que de très belles œuvres étaient présentées. Se perdre dans la contemplation des Vlaminck, des Derain, des Modigliani, de La cage d’oiseaux de Chagall ou de la Tour Eiffel de Diego Rivera est un plaisir qu’on ne saurait bouder.
Cette exposition était donc tout à fait belle, même si on peinait à voir une cohérence ou un thème porteur.
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Choix de Tableaux et deux cartels
Picasso : La Chambre bleue, 1901, huile sur toile
Cartel de La Chambre bleue de Picasso
Exposé en 1902 à la galerie B. Weil, Le tub
Dès 1900, Weil est la toute première marchande de Picasso, suivie par Vollard, qui organise, un an plus tard, une exposition couronnée de succès. Elle compte parmi les fidèles lorsque, l’année suivante, elle est encore la première à révéler au public les nouvelles recherches du peintre, qualifiées par la suite de «période bleue », à laquelle appartient La Chambre bleue. Malgré un accueil remarqué, aucune de ces œuvres n’est vendue.
Maurice de Vlaminck : Le restaurant de la Machine à Bougival, 1905
Pierre Girieud : Portrait de l’artiste peintre Emilie Charmy, 1908
Emilie Charmy : Portrait de Berthe Weil, 1910-14
Diego Rivera : Tour Eiffel, 1914
Modigliani : Femme au ruban de velours, vers 1915
Marc Chagall : La cage d’oiseaux, 1925
Otto Freundlich : Composition, 1939
Cartel de la Composition d’Otto Freundlich
Otto Freundlich est stigmatisé très tôt en Allemagne comme représentant de «l’art juif français ». Ses oeuvres sont montrées à la galerie B. Weil en 1939, cependant que l’une de ses sculptures a été choisie deux ans auparavant par les nazis pour illustrer la couverture du catalogue de l’exposition d’«art dégénéré » à Munich. Freundlich est interné, dès 1939, dans un camp pour les «ressortissants de puissances ennemies», puis déporté au camp d’extermination de Sobibór, où il est assassiné le 9 mars 1943.
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