Le moment est arrivé de croire en l'instant. Plus le ciel est bleu, plus le sentiment d'évasion m'envahit. Illico, je transforme l'image en noir et blanc. Conversion instantanée. Les couleurs disparaissent. Il ne reste qu'un contraste fait de noir et de blanc et de quelques gris intermédiaires. Directement, je vois, je perçois bien mieux la réalité. Ce que le réel cache dans son tiroir secret. Alors je m'emporte, je m'énerve, je m'écris, je m'ébroue. Mais rien n'y fait. Le chemin reste le chemin, la destination ne change pas. Ma vitesse de croisière est constante. Je suis transporté par la foule et par le flux. Automatique, électrique. La voiture n'est qu'un véhicule comme les autres. Et moi, mon âme... Et moi, mon âme... Ne m'aime pas. Ne m'émeut même pas. Ne m'émeut même pas. Le corps et l'esprit, réunis en un seul être, se dissolvent dans la poussière de lune. Les étoiles immaculées, inaccessibles, sont mortes depuis bien longtemps. Mais elles continuent de briller au firmament et de nous envoyer des messages par-delà leur mort. Leur image compte. L'illusion de leur existence subsiste. Alors, il y a quelque chose d'immensément étrange dans tout ce processus. Quelque chose dont je ne peux absolument pas disséquer les contenants, les éléments. Le mystère reste entier. L'énigme reste entière. Il ne sert à rien.
Il ne sert à rien de se révolter.
