Quatrième de couverture :
« Si elle croyait en Dieu ou dans le surnaturel, elle qualifierait de sacré le moment où elle voit un corps pour la première fois. Elle se souvient du jour où elle a su que ce serait sa vie. »
Lorsqu’un corps est découvert dans une tourbière du nord de l’Angleterre, Agnes, anthropologue américaine spécialisée en médecine légale, plus à l’aise avec les morts qu’avec les vivants, est chargée de l’identifier. Mais celui-ci ne ressemble à aucun autre, puisqu’il est presque entièrement préservé. Confrontée à un groupe d’activistes environnementaux qui ne lui facilitent pas la tâche, Agnes n’aura alors de cesse d’en apprendre plus sur l’inconnue, avec laquelle elle a bien plus de points communs qu’elle ne le pense… (…)
Un corps est découvert dans une tourbière à Ludlow. Au départ, on pense avoir trouvé la victime d’un féminicide mais Agnes, anthropologue et odontologue américaine, découvre que ce corps est bien plus ancien qu’on ne le pense. Elle va faire appel à divers spécialistes pour analyser les ossements et les traces retrouvées dans la tourbe. Ce sera aussi une course contre la montre entre des promoteurs qui veulent exploiter le terrain et des militants écologistes qui veulent préserver cet espace naturel qu’est une tourbière. En parallèle, nous revenons en arrière, au temps où les Romains tentaient de conquérir l’actuelle Grande-Bretagne et nous allons découvrir peu à peu qui était la femme enterrée dans la tourbe et quelles sont les causes de sa mort. Même la mousse aura la parole au fil du roman.
Voilà un beau roman, qui interroge la place des femmes à notre époque, dans le monde scientifique, et dans l’Antiquité. C’est aussi une enquête passionnante sur la tourbe, l’analyse anthropologique, historique, médico-légale des ossements retrouvés. De belles rencontres jalonnent aussi le roman, une conversation virtuelle entre une scientifique et une druidesse, entre une jeune femme timide et un militant très engagé, entre des femmes spécialistes, entre une jeune femme à la fois affirmée et pleine de doutes et des hommes de pouvoir. Au final, une histoire sensible et délicate aux riches odeurs « de tourbe et d’os ».
« Agnès est consciente que ses semblables sont souvent bouleversés à la vue d’un corps humain. Mais elle ne sait jamais trop comment réagir à leur expression de dégoût. Son expérience est si opposée à la leur. »
Anna NORTH, De tourbe et d’os, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Lou Gonse, Phébus, 2026
C’était mon abonnement Au Temps Lire de juin, excellente proposition. Et encore un roman américain pour le Challenge American Year 3 de Belette.
