Le titre de la chronique est inspiré de 4 albums que j'ai tant écouté que j'en connais toutes les notes, toutes les paroles, toutes les nuances, tous les tons, tous les tons, bref, je vous parle de musique qui fait désormais partie de mon ADN.
Blonde on Blonde de Bob Dylan
The Idiot d'Iggy Pop
Low de David Bowie
The Unforgettable Fire de U2
B.I.B.I. c'est moi. C'est aussi la terminaison du mot habibi, voulant dire en langue arabe, Je t'aime.
TRILOGY d' EMERSON, LAKE & PALMER.
Au début de années 1970, le paysage musical britannique et mondial est en pleine mutation. Les leaders du monde de la musique, les Beatles, se séparent. Le rock psychédélique des années 60 cède sa place à des structures beaucoup plus complexes, ambitieuses et intellectuelles. C'est l'âge d'or du rock progressif. Au coeur de cette révolution esthétique se dresse un véritable supergroupe né de la fusion de trois talents exceptionnels issus de formations majeures de la scène musicale anglo-saxonne.
Après avoir secoué le public avec un premier opus éponyme éblouissant, puis enfoncé le clou avec une fresque conceptuelle agressive et une réinterprétation audacieuse de la musique classique russe, le trio se retrouve, en 1972, à un carrefour crucial de sa jeune carrière. La concurrence est alors féroce. Des artistes majeurs de la même époque publient coup sur coup des chefs-d'oeuvre qui redéfinissent les limites de la musique populaire. Pour ne pas se laisser distancer et pour prouver que leur formule n'est pas qu'un simple feu de paille technique, les 3 musiciens s'enferment en studio à Londres durant les premiers mois de l'année, sous la houlette de leur ingénieur de son fétiche: Eddy Offord.
Sur le plan historique, l'album cristallise également les dynamiques internes qui allaient, quelques années plus tard, fragiliser le trio. Le processus d'enregistrement s'avère particulièrement complexe et minutieux. En recours massif aux superpositions de pistes, les morceaux deviennent si denses et léchés qu'ils s'avèrent extrêmement difficiles à reproduire sur scène fidèlement en concert. cette quête de perfection technologique en studio commence à créer des tensions créatives subtiles entre le désir de pureté acoustique et mélodique portées par le chanteur, et les ambitions orchestrales et expérimentales du claviériste. Néanmoins, en 1972, cette tension est encore un moteur magique. Le batteur Palmer insuffle à l'ensemble une polyrythmie jazz et une rigueur militaire qui lient parfaitement ces 2 visions opposées.
Trilogy rencontre un succès commercial phénoménal, tant en Europe qu'en Amérique du Nord, propulsant le trio au rang de superstars des stades. La pochette iconique, conçue par le célèbre collectif graphique Hipgnosis, illustre parfaitement cette symbiose. Elle fusionne les visages des 3 musiciens en un seul buste sculpté, symbolisant l'unité absolue de leurs 3 esprits créatifs.
Pour amateurs de rock, de musique progressive, de musique orchestrales, de nappes de synthétiseurs, de polyrythmie, de musique de chambre, de musique acoustique, de jazz, de superpositions de pistes.
