Grâce à Miriam du blog Carnets de voyage et notes de lecture j’ai eu connaissance de ce documentaire du cinéaste Philippe Béziat (né en 1963) qui avait déjà réalisé plusieurs films en lien avec la musique.
Note sur le film
Genre : Documentaire musical
Nationalité : Française
Date de sortie en salles : avril 2026
Durée : 1h30
Tous publics
Présentation
Mon avis
En tant que spectateur, on ne se pose généralement pas la question de savoir ce que les musiciens d’un orchestre entendent lorsqu’ils jouent tous ensemble devant nous. J’avais pu imaginer qu’ils entendent la même chose que nous. Grâce à ce film, nous pouvons nous rendre compte, par le biais de micros disposés à côté des différents groupes de cuivres, de vents ou de cordes, de ce que chacun peut percevoir – Et le résultat est très surprenant ! Très différent de ce que le public, placé à bonne distance et en hauteur, peut entendre. Dans une autre scène, un jeune musicien de l’orchestre nous apprend qu’il ne s’entend pas lui-même quand il joue : ses collègues lui ont dit que c’était une bonne chose, s’il s’entendait ça voudrait dire qu’il joue trop fort. Partant de là, on comprend bien sûr toute l’importance du chef d’orchestre, sans qui rien de cohérent ou d’harmonieux ne serait possible.
Parmi les trois chefs d’orchestre qui nous sont présentés tour à tour, le premier, Klaus Mäkelä, jeune prodige finlandais de trente ans, montre une énergie et un charisme peu communs. Lorsqu’on le voit diriger le Sacre du Printemps ou Petrouchka de Stravinski, c’est une véritable chorégraphie qu’il semble exécuter, en osmose avec la musique. Le chef d’orchestre suédois, le plus vieux actuellement en activité, âgé de 97 ans, Herbert Blomstedt, qui nous est présenté plus tard, avec son visage et ses gestes pleins de sensibilité, paraît aussi très impressionnant, bien qu’il déploie forcément moins d’énergie que son jeune collègue.
Les portraits et interviews de certains musiciens de l’orchestre nous permettent de comprendre les frustrations de plusieurs d’entre eux, la nécessité de sacrifier l’individuel au collectif, l’importance de relations humaines amicales afin que la musique sonne bien, l’impression pour certains de faire un travail sans utilité. Le spectateur se rend compte que ce métier, généralement considéré comme privilégié, artistique donc gratifiant, peut être au contraire assez ingrat, difficile.
Les images de la Philharmonie de Paris mettent en valeur son architecture audacieuse, à l’acoustique très étudiée – un édifice créé par Jean Nouvel en 2015. La caméra nous promène aussi bien à l’extérieur que dans la salle de spectacle ou encore dans les pièces réservées aux musiciens.
Bien qu’il s’agisse de musique dite « classique », les morceaux qui nous sont donnés à écouter sont plutôt modernes, avec, donc, Stravinski, mais aussi Chostakovitch, Ravel, Rimsky-Korsakov, etc. Des musiques accessibles, je pense, à un large public, pas forcément initié à ces styles.
Un film extrêmement intéressant et beau !
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