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Alexis Laipsker – Le Cercle de Kern

Par Yvantilleuil

Alexis Laipsker Cercle Kern

Alexis Laipsker – Le Cercle de Kern

" height="150" width="93" data-comments-opened="1" data-permalink="https://brusselsboy.wordpress.com/2026/10/02/alexis-laipsker-le-cercle-de-kern/71d8fiaanbl-_sy522_/" alt="" srcset="https://brusselsboy.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/10/71d8fiaanbl._sy522_.jpg?w=93 93w, https://brusselsboy.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/10/71d8fiaanbl._sy522_.jpg?w=186 186w" class="alignleft size-thumbnail wp-image-21564" data-large-file="https://brusselsboy.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/10/71d8fiaanbl._sy522_.jpg?w=325" />J’avais déjà adoré « Les Poupées », thriller redoutablement efficace dans lequel Alexis Laipsker démontrait déjà toute l’étendue de son talent de manipulateur. Avec « Le Cercle de Kern », l’auteur frappe à nouveau très fort. Plus sombre, plus oppressant et peut-être encore plus retors, ce nouveau roman confirme qu’il faudra désormais compter avec lui parmi les valeurs sûres du thriller français.

Tout commence sur une route isolée. Philippe Kern, comédien et père célibataire, emmène sa fille Chloé passer quelques jours de vacances lorsque leur voiture quitte la chaussée. Contraints de trouver refuge à La Sagnée, un minuscule village perdu entre forêt et montagnes, ils découvrent un endroit privé de réseau, de lumière et… manifestement, d’hospitalité. Le lendemain matin, Chloé a disparu.

Pendant que Philippe tente désespérément de retrouver sa fille et se heurte au silence des villageois, la commandante Amandine Cavalier enquête sur une série de crimes commis sur des adolescentes. Parallèlement, Leonora Koka, une détenue particulièrement dangereuse, s’évade de prison après avoir suivi de près cette même affaire. Trois trajectoires, trois mystères et une certitude : quelque part dans cette forêt, les secrets de La Sagnée attendent leur heure.

Alexis Laipsker construit son intrigue comme un piège dont il resserre progressivement les mâchoires. Les chapitres courts, l’alternance des points de vue et le jeu volontairement trouble sur les temporalités entretiennent une tension presque constante. Le lecteur croit entrevoir un lien, formule une hypothèse, commence à se féliciter de sa perspicacité… avant de comprendre qu’il vient une nouvelle fois de tomber exactement là où l’auteur l’attendait.

La grande réussite du roman réside cependant dans son décor. Avec sa quarantaine d’habitants, ses maisons plongées dans l’obscurité, ses regards fuyants et ses symboles gravés dans les arbres, La Sagnée devient un personnage à part entière. Le village semble refermé sur lui-même comme un poing. Tout y paraît suspect, depuis l’amabilité trop mécanique de certains habitants jusqu’aux silences beaucoup trop lourds des autres. Laipsker joue habilement avec les codes du thriller rural et flirte parfois avec l’horreur ou le surnaturel, sans jamais perdre de vue la mécanique policière de son récit.

Les personnages contribuent pleinement à cette atmosphère. Philippe Kern, père aux abois, devient peu à peu prisonnier de sa peur et de sa paranoïa. Amandine Cavalier, enquêtrice surnommée le « Chat noir » en raison de sa propension à attirer les catastrophes, apporte quant à elle une énergie bienvenue. Son duo avec Quads, nourri de dialogues vifs et souvent teintés d’humour, offre quelques respirations dans un récit qui aborde des violences particulièrement éprouvantes.

En multipliant les pistes, les voix et les sous-intrigues l’auteur parvient à brouiller les repères, à accumuler les fausses certitudes et à nous enfermer dans son fameux cercle. Et lorsqu’arrivent les révélations finales, les différentes pièces reprennent leur place avec une efficacité jubilatoire.

Après « Les Poupées », « Le Cercle de Kern » est donc un nouveau coup de cœur. Alexis Laipsker se hisse tout doucement au niveau d’un Franck Thilliez et devient, livre après livre, une véritable référence du thriller français. Même goût pour les intrigues labyrinthiques, même art de sonder les zones les plus obscures de l’esprit humain, même plaisir manifeste à retourner le cerveau du lecteur. Une fois entré dans ce cercle-là, vous n’aurez plus qu’une obsession… en trouver la sortie. Bonne chance !

Le Cercle de Kern, Alexis Laipsker, Michel Lafon, 439 p., 20,95 €

Elles/ils en parlent également : Anthony, Nadia, Jessica, Le monde du polar, Petite étoile livresque


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