Je l'ai surconsommé, le surconsomme encore, l'ai étudié, en fût triple diplômé, y ait travaillé, en fût récompensé, en suit sorti, mais le cinéma n'est jamais sorti de ma personne.
Je vous parle d'un film que j'ai aimé par son esthétique, son histoire, ses interprètes, son sujet, sa réalisation, sa direction artistique, sa cinématographie, sa musique, son audace, bref je vous parle d'un film dont j'ai aimé pas mal tous les choix.
Je vous parle 9 fois su 10 d'un film que j'ai dans ma collection privée de DVD. Comme ce petit trésor d'automne. Spooky season.
Stephen n'a que 26 ans quand on lui achète les droits de son premier livre. Il ne sera donc payé que 2500$ pour que Lawrence D. Cohen, qui n'avait jamais scénarisé quoi que soit, adapte en film l'histoire de Carrie White, adolescente timide, surprotégée et rejetée par ses camarades de classe se découvrant des pouvoirs télékinétiques liés à ses premières menstruations dont elle ne sait rien.
Mais l'histoire de Cohen est extrêmement fidèle au livre. DePalma y mettra du sien sans en être crédité. DePalma se dit vite intéressé par ce film et le fait savoir, mais comme il n'est alors connu que de par un intérêt critique pour son film Sisters, trois ans avant, il passe 6 mois sans nouvelle autour du film. Ce sera le tout premier film adapté d'un livre de Stephen King et ce dernier le trouvera, différent de son livre, mais film qu'il adore. Ce ne sera jamais son livre de lui-même préféré, l'ayant même jeté, à sa création, aux poubelles, avant que sa femme ne le rescape et ne le force à l'améliorer. Mais le film en donne une nouvelle couleur et lui fait faire la paix avec.
D'ailleurs chez DePalma, les couleurs sont toujours bien travaillées. Enfin, pas le sang qui trop souvent parait très faux, surtout dans ses premiers films, mais voilà certains choix de ce film sont faits justement sur la couleur. Dans le livre, Carrie porte une robe de bal rouge. Dans le film, la toujours magistrale Sissy Spacek portera la robe couleur pêche pour un plus gros impact sur une scène de film spectaculaire.
La dynamique entre Carrie et sa mère constitue le pilier émotif et les deux actrices auront des nominations aux Oscars pour ce film. Piper Laurie est une mère terrifiante, dévorée par une piété toxique et une haine du pêché charnel. Pour elle, la puberté de sa fille est l'apparition du démon. L'éclairage est gothique et on y étouffe. Bougies et statue de Saint Sebastien transpercé de flèches meublent leur maison. Maman punit sa fille en l'enfermant dans un placard pour qu'elle y prie. Malsain.
Nait alors une sympathie du spectateur pour l'abusée dont on comprend les pouvoirs comme un mécanisme de défense face à un monde hostile à l'école comme au foyer familial. La séquence du bal est l'une des plus mémorable de l'histoire du cinéma. La séquence du rêve de l'intimidante Sue Snell est aussi tournée à l'envers, pour créer un très intéressant climat d'étrangeté. La dernière image était aussi un phénomène rare, à l'époque. Plus répandu depuis.
Amy Irving. Nancy Allen, John Travolta, William Katz, P.J. Stoles, Betty Buckley, sont aussi de la distribution.
Nancy Allen et Brian DePalma deviennent un couple. Qui travaillera ensemble plusieurs fois. Marié de 1979 à 1984.
Le film a cet esthétique de 1976 et surtout ce côté prédateur très très 2026.
Cette époque, c'était il y a déjà 50 ans cette année.
En Novembre.
Mais si je vous en parle en octobre, jour d'élections au Québec, c'est parce que dans deux jours, Mike Flanagan, habile réalisateur derrière la série hantée The Haunting of Hill House, nous présente la première de sa série inspirée du film et du livre.
Sur les ondes de Prime.
Si je ne vous parles pas d'élection c'est parce que je laisse le temps à la poussière de retomber sur les résultats de fin de soirée, forcément pénibles cette année. Parce que personne ne mérite nos votes, Vraiment personne, cette année.
