Magazine Cinéma

Deadlock

Par Tepepa

Deadlock
1970
Roland Klick

Avec : Mario Adorf, Anthony Dawson, Marquard Bohm
Sur le Télé Z à 0,35€, il y avait juste marqué ‘western’, comme ça, à 1h du mat sur Arte. Rien de plus, pas la moindre petite info, nada, snikt. En fait si, ça disait qu’il y a Mario Adorf, dedans, je me suis donc dis, c’est spaghetti, mais comme le Giré n’en souffle mot, j’ai dis Simone, démarre le magnétoscope, on va jeter un œil.
Et puis, le lendemain, profitant d’un moment de faiblesse de ma compagne qui était au téléphone, j’ai lancé le truc pour me faire une idée, et patatras, la première image est celle d’un homme en costard dans le désert avec une mitraillette. Mitraillette, c’est nul comme mot, ça ressemble un peu à mobylette, ça ne rend pas service à la puissance du truc et cela échoue à traduire en mots l’effet lugubre et cool à la fois de voir un film commencer par un type blessé, qui marche dans le désert avec une mitraillette et une valise.
Et –en plus de ma curiosité naturelle qui me pousse sans cesse à explorer de nouvelles choses avec l’esprit ouvert, sans a priori, en allant de l’avant, vif comme l’éclair – cette belle introduction m’a poussé à regarder plus avant ce film bien que ce ne soit pas un western et qu’une pression extérieure me rappela qu’il y avait aussi des épisodes de Desperate Housewives à regarder.
L’intrigue du film est donc contemporaine de l’année 1970 où le film a été tourné, et parvient avec une pauvreté de moyens incroyable à créer une ambiance poisseuse et suante comme on aime. Le gars blessé qui trimballe une valise remplie de billets – évidemment, quoi d’autre ? – est récupéré par un Mario Adorf moins stupide que dans Ciel de Plomb sur un camion pourri qui semble venir directement de l’époque du Salaire de la peur. Il décide de laisser crever le type dans sa baraque craquelante sans toucher à l’argent, pour garder les mains propres mais toucher l’argent sale ensuite. Dans cette zone désertique, paumée et accablée de soleil et de poussière, vivotent également deux nanas frapadingues qui se comportent comme des frapadingues. Le type ne meurt pas, et Adorf finit par le soigner, alors qu’un troisième larron (Anthony Dawson) équipé d’un Mauser à lunette (faut m’expliquer mais bon…) ramène son cache poussière dans les parages pour toucher sa part de l’argent. Les stridations minérales du groupe krautrock The Can associée à de longues périodes de silence non moins strident plombe un peu plus l’ambiance. Pour un peu, le film aurait pu s’appeler Ciel de Plomb, mais Deadlock, c’est pas mal aussi dans le genre mortifère.
Comme ça, ça à l’air pas mal, mais en fait on s’emmerde quand même un peu. Le film est allemand, et par certains cotés il m’a fait penser aux films de Wim Wenders, et on va me dire que le cinéma allemand ne se résume pas à Wim Wenders, et je vais répondre que je sais, mais que moi tout ce que je connais du cinéma allemand c’est Wim Wenders et la demi-finale du mondial ’82, alors je ne dis pas ça juste parce que le film est allemand et que j’ai eu envie de comparer ça à Wim Wenders vu que c’est le seul référent que j’ai en matière de cinéma allemand (avec la demi-finale du Mondial ’82), mais bien parce que, avec ma curiosité naturelle qui me pousse sans cesse à explorer de nouvelles choses avec l’esprit ouvert, sans a priori, en allant de l’avant, vif comme l’éclair, certaines choses m’ont fait penser à Wim Wenders dans ce film, indépendamment du fait que ledit film soit allemand.
Surtout qu’en plus j’ai vu Cours Lola, cours
Donc, ce qui m’a fait penser à Wenders, c’est le fait que le film soit lent, que les motivations des personnages soient légèrement obscures, que certaines scènes loufoques ou décalées n’aient pas de fonction narrative et cette impression parfois que le réalisateur au fond s’en fout de son histoire, que ce qui lui importe c’est les rapports humains et tout ça. Moi j’ai toujours pensé qu’une bonne histoire bien solide était bien plus efficace pour rentrer dans les tréfonds de l’âme humaine que des divagations hasardeuses de caméra auteurisantes Wenderiennes ou Lynchéennes, surtout quand on a l'impression d'avoir déjà vu les mêmes procédés mille fois, mais ça c’est mon coté terre à terre qui s’exprime, et en tout cas dans Deadlock, il s’agit bien d’une impression, car à aucun moment le réalisateur ne perd complètement son intrigue de vue, et on a une vraie fin avec des morts. Ouf, j’ai failli regarder un film expérimental et chiant de plus, mais non, tout va bien, c’est juste un « vrai » film un peu curieux qu’on va classer dans ‘westerns atypiques’ pour que l’honneur demeure sauf. Allergiques au cinéma non formaté, vous pouvez donc regarder ce film sans problème, il y aura peu de dommage collatéral.


PS: Pour ceux qui vont me dire qu'Anthony Dawson est plus connu sous son vrai nom Antonio Margheriti, j'ai trouvé ceci sur Imdb: "Not to be confused with the Italian B-movie director Antonio Margheriti".

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