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[critique] The Promotion

Par Anagbmf

Synopsis :

Doug Stauber est assistant manager dans un supermarché. Il rêve de gravir les échelons pour enfin s’offrir la vie qu’il mérite. Un jour, alors que l’opportunité se présente enfin, un canadien débarque du pays des caribous et met à mal ses plans.

Tête : John C. Reilly

Pied : Sean William Scott

Mes petits plus : Jenna Fischer, Lily Taylor

Je ne sais pas trop quoi penser de ce film. J’oscille entre dépit et contentement. Contentement, parce qu’on y retrouve certains de mes chouchous : Jenna Fischer, Lily Taylor, John C. Reilly, un cameo de Masi Oka… Dépit, parce que le début et la fin sont profondément bâclés, ne sachant pas se départir des influences évidentes du scénario. Vous pouvez me répondre que chaque comédie a ses influences, et vous n’aurez pas tort. Encore faut-il savoir jongler avec, pour en ressortir une recette originale. Rajouter du cacao dans sa tarte au sucre, si vous voulez une métaphore bidon.

Hors, je n’ai absolument pas senti l’odeur de cacao. Surtout dans ce début et cette fin qui m’ont laissé…sur ma faim. Peut-être était-ce dû à l’horrible version française qui m’a été imposée. Toujours est-il que je ne suis pas convaincue. Bâclés, bâclés, bâclés.

Et c’est dommage, parce qu’il y a de fort bonnes idées. Bon, pas du génie, juste du bon temps à passer. Et c’est tout ce que l’on demandait ici.

Les cartes de clients sont assez drôles, par exemple. Les employés du supermarché également. Mais sincèrement, le personnage de Sean William Scott… Il pervertie ma choupinette de Jenna Fischer : «  Je veux ramener l’argent à la maison, tu comprends, je suis un mâle »… Ahem…

Il manque ce petit je-ne-sais-quoi (en fait si : le talent).

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Je ne dirais pas qu’il est mauvais en soi. Non, on passe quand même un moment assez agréable, et c’est probablement grâce aux acteurs secondaires qui, finalement, ont les meilleurs rôles. John C. Reilly est convaincant mais ça n’a rien d’étonnant, le bonhomme se plante rarement, même dans ses navets. Le client étranger qui n’arrive pas à se faire comprendre est à mourir de rire, l’apparition de Jason Bateman est aussi drôle. Gil Bellows euh…C’est Gil Bellows. D’ailleurs, il faudrait penser à revoir sa VF. Non sérieusement. J’ai chopé un épisode de la 13ème dimension (naze, par ailleurs) où il avait la même voix…Ouahou. OU-AH-OU. Je rappelle aux traducteurs que le Billy d’Ally McBeal n’est pas Schwarzy.

Quelques scènes valent pourtant le coup d’oeil. Pour reprendre le caméo de Jason Bateman, la plantade du personnage de John C. Reilly est à la fois gênante à regarder (on se met à sa place) et très drôle (on le regarde torse nu avec un tatouage de Kiss).

Ce n’est pas non plus une oeuvre de débutant. Sean William Scott apparaissait déjà dans des films auprès de la nouvelle comédie américaine. Non, je ne suis pas en train de parler d’American Pie. Il était dans XXX ou encore XXX. Mais pour être tout à fait honnête, il a beau jouer le premier rôle, je ne pense vraiment pas qu’il soit celui qui fait briller le film. Même ma Jenna Fischer aurait pu être coupée au montage. Reste les seconds rôles, employés du magasin, comme je l’ai dit plus haut. Ils auraient pu (dû?) être les héros d’un film à eux tout seuls. Un peu trop huit-clos, vous me direz, mais ça aurait pu être plus amusant que d’autres scènes facilement éjectables.

Le côté pathétique de John C. Reilly n’est pas assez exploité. Les cassettes qu’il s’écoute en boucle, sa trouille d’échouer et qui le pousse à mettre des bâtons professionnels dans les roues de l’ambition S.W.Scotienne étaient intéressantes. Alors qu’elles auraient dû aidé à la compréhension du personnage, elles aident plutôt à se désoler pour ce que le film aurait pu être.

Je me rend compte que je peux paraître assez dure avec le film. Pourtant, je ne l’ai pas vraiment détesté. Je pense que c’est ma déception qui transpire à travers cette critique. J’aurais préféré que la psychologie des personnages soit plus travaillée ; mais elle est occultée au profit d’une morale enquiquinante, justement absente d’autres bonnes comédies, ce qui fait qu’elles sont bonnes justement - oui, en partie, hein. Au final, et après reflexion, je pense vraiment que c’est elle le problème. Je ne suis pas complètement fermée, une bonne comédie n’est pas nécessairement acide. Mais il faut savoir traiter son sujet…

Pour conclure, pour résumer, pour dire ce que j’ai à dire…

Une comédie agréable à regarder, posé dans son salon, ou n’importe où ailleurs, c’est autorisé. Mais elle est tâchée par une morale persistante du « tout gentil/tout récompensé » ; certains bouts du maillon ne sont jamais conclus (l’histoire du caddie à puce, par exemple, même s’il est anecdotique, ça emmerde), des personnages sont sous-exploités et certains partis-pris ne sont pas assumés. Et c’est dommage, car beaucoup d’acteurs y sont convaincants.

Une comédie agréable mais trop sucrée.

comedie, John C. Reilly


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