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[Enquete]Les fraudes augmentent durant le mois de ramadan

Publié le 16 septembre 2008 par Alternautes
Décidément le mois de ramadan est le mois des dérives en tout genre, le mois de la déchéance et de la malhonnêteté ...

Les Tunisiens face à la fraude et au non respect des normes de sécurité alimentaire pendant le Ramadan

2008-09-15
De nombreux Tunisiens accusent les commerçants de profiter d'une forte demande pour augmenter leurs prix et baisser les normes de qualité pendant le Ramadan ; ces derniers répondent que pendant le jeûne, les clients ont plus tendance à être mécontents.
Par Mona Yahia pour Magharebia à Tunis – 15/09/08
[Moha Yahia] Les Tunisiens font valoir que la qualité des marchandises a tendance à baisser pendant le Ramadan, alors que les prix augmentent. Les commerçants réfutent cet argument, affirmant que les clients sont simplement plus enclins à se plaindre pendant la période du jeûne.
Les cas de tricherie et de fraude se multiplient pendant le mois du Ramadan en Tunisie, et les Tunisiens affirment que les commerçants profitent de cette saison de gros achats pour augmenter leurs prix et baisser la qualité. Les commerçants réfutent ces accusations, affirmant que pendant le jeûne, les clients sont tout simplement plus irritables qu'à l'accoutumée.
Ces échanges d'amabilités ne font qu'aggraver l'humeur générale sur les marchés publics, donnant lieu parfois à de sévères disputes.
"Durant le Ramadan, les gens se plaignent toujours de vols ou de manipulations sur les prix, ou sur la qualité des marchandises", explique Mahmoud, un vendeur de blé sur le marché de Lafiat, dans la capitale, "même si les prix sont affichés sous leurs yeux, tout comme les produits eux-mêmes."
Fatouma Daouadi, 30 ans, n'est pas d'accord.
"La plupart des vendeurs cachent les étiquettes ou augmentent les prix", explique-t-elle. "Si vous protestez, vous ne rencontrez que refus et hostilité. De plus, nous souffrrons de la qualité des produits, et sommes contraints d'acheter uniquement des marchandises de mauvaise qualité, parce que nous n'avons pas d'autre choix."
En se rendant sur les marchés tunisiens, force est de constater que les étiquettes sont cachées et que les produits proposés ne sont pas de bonne qualité. Certains magasins demandent même à leurs clients d'acheter des produits qu'ils ne souhaitent pas en plus de ceux qu'ils cherchent, une pratique que les Tunisiens appellent la "vente sous condition".
Durant le Ramadan, on constate aussi une forte augmentation du nombre de vendeurs de nourriture dans les rues. Ils n'ont aucune boutique, aucune licence et ne sont pas tenus à respecter les normes du Ministère de la Santé et les autres réglementations.
"Ces marchands, qui font leur apparition durant le Ramadan, ne respectent aucune règle éthique ni économique", explique Nader Dahman, 28 ans. "Bien qu'ils soient pénalisés chaque fois qu'ils se font prendre, ils reviennent et ne se préoccupent pas des plaintes des gens."
Nombre de personnes se plaignent également du fait que les magasins et les vendeurs des rues ne stockent pas correctement la nourriture, en particulier le poisson, ce qui, disent-ils, crée des problèmes de santé.
Le Ministère de la Santé n'est toutefois pas absent. Des équipes d'inspecteurs sanitaires sillonnent les rues de toute la Tunisie pendant le Ramadan pour contrôler la qualité et l'état des produits, et s'assurer que les clients sont protégés.
Ces opérations visent essentiellement les laiteries, les vendeurs de boissons et les magasins vendant de la viande et de la volaille, les restaurants, les cafés et les pâtisseries.
Ces équipes ont déjà effectué 9 645 visites dans l'ensemble du pays, signalé 1 096 violations, dont 456 portant sur les légumes et les céréales, 143 sur le poulet et les oeufs, 226 sur les produits alimentaires, 102 sur la viande et 54 sur le poisson.
Le Service de Recherche Economique a mis en place une ligne téléphonique directe que les clients peuvent appeler pour déposer leurs réclamations. Au cours des quatre premiers jours du Ramadan, quarante-deux plaintes ont ainsi été déposées dans les provinces de Tunis, Bizerte, Beja, dans le nord de la Tunisie, et Nabeul, sur la côte, contre vingt-quatre durant la même période de l'année précédente.
Ces plaintes portent essentiellement sur l'augmentation des prix et sur la faible lisibilité ou la dissimulation des étiquettes, en particulier pour les légumes, les céréales, la viande, le poulet et le pain.
En dépit du nombre de plaintes, les statistiques officielles montrent une diminution de dix pour cent du nombre de violations économiques déposées durant les trois premiers jours du Ramadan par rapport à la même période de 2007.
Ce contenu a été réalisé sous requête de Magharebia.com.

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