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Seine Saint-Denis Style

Publié le 19 septembre 2008 par Suffragettes

NTM.jpgHier soir, Bercy, 21h30, plus de 10 000 personnes se sont massées dans l'immense salle surchauffée pour assister au retour triomphant du supreme NTM.

Les plus téméraires sont dans la fosse où les mouvements de foule se font par moment, très inquiétants. Les gradins sont pleins. Pleins de rappeurs de la première heure, plein de mecs de cités descendus en bande assister à un concert qui fait parler de lui depuis des mois, surtout plein de trentenaires, définitivement la génération NTM !

La salle plonge enfin dans l'obscurité, la scène s'allume et laisse apparaître sur un écran géant, les trois lettres qui ont perdu leur sens d'origine mais qui ont gardé tout leur pouvoir sur le public. Dans un grand fracas et soutenu par la clameur délirante de la foule, Joey Starr et Kool Shen déboulent sur scène branchéw sur 1000 volts.

Ils promettent 2 heures de spectacle, il joueront près de 2h15. Les guest stars du hip-hop français se succèdent sur scène. Chaque début de morceau déclenche des hurlements dans le public et les bras levés se balancent au rythme des morceaux, dont les paroles, scandées par les fans, n'ont pas perdu une miette d'actualité. 

Joey Starr et Kool Shen sont survoltés et manifestement heureux de se retrouver sur scène, ensemble. Ils n'ont pas la langue dans leur poche, accrochent Bouba, Darcos et même Carla Bruni (je cite : "tasspé"). Pas de grands discours cependant, ce n'est pas leur fort, mais de l'énergie à revendre et un bon paquet de reproches à faire à la société, le fond de commerce de NTM. Ils appellent à plus de solidarité, à la vigilence et Paris sous les bombes, donne même un goût de révolution... Bercy est en feu !

J'ai assisté à ce concert sans voir le temps passer, en me demandant parfois si je suis légitime dans cette foule, si il ne faut pas porter une casquette et avoir grandi dans une tour pour prétendre l'ouvrir avec NTM. Mais je me dis que les cités n'ont pas le monopole de la vie de merde et que les difficultés financières, le malaise social, concernent parfois ceux d'entre nous qui  en ont le moins l'air.


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