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Au collège Monod, la réussite ne passe pas par les notes

Publié le 14 juillet 2007 par Willy
Au collège Monod, la réussite ne passe pas par les notes Par Myriam Desvergnes (Etudiante en journalisme)        13/07/2007 A Vitry-sur-Seine, en banlieue parisienne, le collège Gustave-Monod se distingue par "ses idées qui marchent". Dans la cour du collège, des espaces verts, et, comme point de vue, l’horizon. Etudier en dehors des tours d’immeuble est sans doute un "plus" pour ces élèves d’une "zone sensible". Mais, surtout, la jeune équipe professorale utilise une méthode alternative d’enseignement et d’évaluation. L’idée est venue d’un jeune professeur de mathématiques, Carlos Lechevallier, qui souhaitait à la fois permettre à ses élèves de réussir et obtenir leur confiance. En interrogeant les élèves, il s’est rendu compte que la méthode d’évaluation traditionnelle provoquait un découragement et un blocage. L’organisation classique veut que le contrôle porte sur le chapitre qui vient d’être étudié. Cela ne permet pas un retour sur les notions non assimilées par l’élève. De plus, les progrès ne sont pas valorisés. L’idée a alors été de remettre en cause le système d’évaluation et l’organisation au sein de la classe. Le projet dure depuis sept ans, concerne aujourd’hui six professeurs de maths, entre 18 et 26 élèves par classe. Le professeur a donc découpé le programme en notions à assimiler, appelées "Brikamaths". Il n’y a pas de barème lors des évaluations, mais un code pour dire à l’élève s’il a parfaitement maîtrisé, ou s’il doit travailler d’urgence. Il n’y a pas non plus de notes sur les copies. Seuls les professeurs gardent une notation. Bien évidemment, cela demande un travail régulier de la part des enseignants. Pour ceux qui rejoignent l’équipe, la première année est déroutante, car cela remet en cause les méthodes acquises. Si les professeurs ne suivent pas les progrès de leurs élèves régulièrement, ils perdent le fil, et la méthode n’a plus aucun sens. Les enseignants doivent aussi tenir compte du rythme d’avancement de la classe. Concrètement, elle est séparée en deux groupes. Après un cours en classe entière, on fait une évaluation. Les élèves ayant compris vont au fond s’entraîner sur des exercices. Les autres, plus lents, restent devant et revoient les notions avec le professeur. Auparavant, quatre heures par semaine étaient consacrées à la classe entière, et une heure au soutien des élèves les plus en difficulté. Le rapport a été inversé: une heure de cours pour les plus rapides qui, le reste du temps, travaillent sur les exercices du livre, ou sur les "livrets d’entraînement" mis au point par les professeurs. Pour le moment, les résultats sont plutôt positifs, le climat dans les classes apaisé. Cela est dû à la fin des notes sanctions: un climat de confiance, même fragile, est instauré. La plupart des élèves sont vraiment très satisfaits, comme Siham, 15 ans, en classe de 3e: "J’ai progressé grâce à cette méthode. Le fait de bosser régulièrement m’a motivée. Le système de notes est encourageant. Le but est d’arriver au fond, c’est valorisant. Mais au moins nous sommes encadrés. Quand on ne comprend pas, on nous explique. Le brevet est appréhendé plus sereinement. En plus, avec les corrigés associés au livret d’entraînement, ça permet de revenir. Les cours sont à notre rythme." Ludivine, 14 ans, en 3e, fait sa première année au collège Monod. "Dans les autres collèges, si on n’a pas compris une notion, on ne revient pas dessus. Ici, j’ai fait des progrès. J’ai pu rattraper mes lacunes, quitte à bosser deux fois plus. On est motivés parce qu’on sait que derrière il y aura du résultat." Ceux de devant sont ainsi motivés pour s’améliorer et au fond, on déclare: "On a plus d’autonomie, on s’ennuie moins qu’en revoyant des choses qu’on a déjà vues." Les professeurs sont eux-mêmes surpris du résultat. Les élèves ont compris qu’ils devaient travailler régulièrement s’ils souhaitent réussir. Certains demandent même du travail supplémentaire pour combler leurs lacunes. Ils ont pris confiance en eux. Les résultats du classement du collège dans le département montrent qu'il ne cesse de grimper dans le haut du tableau. Pour Carlos Lechevallier, l’idéal serait d’étendre cette méthode à tout le collège et à différentes disciplines. Les jeunes professeurs sont convertis, et, pour le proviseur, "l’accent est mis sur le dialogue, par un énorme travail en amont de l’ensemble de l’équipe pédagogique". Le dialogue, l’adaptation, la régularité… autant de qualités exigées par la méthode "évaluer autrement". Les élèves et leurs professeurs sauront-ils "réussir autrement"? Tout semble indiquer qu’ils sont en bonne voie…

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