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Celtes, Romains et Vikings dans les mers nordiques

Par Amaury Piedfer
Depuis la plus haute Antiquité, les Européens sont des peuples de marins, non pas seulement en Méditerranée, mais également sous des latitudes beaucoup plus septentrionales. Dès l'âge du Bronze, au IIème millénaire avant notre ère, les peuples du Nord développèrent une véritable tradition maritime, produit des initiatives d'intrépides aventuriers qui, avec des moyens qui nous paraîtraient aujourd'hui dérisoires, se lançaient d'îles en îles, faisant des mers nordiques un espace d'échanges.

C'est l'épopée dont traite un très bon article de Michel Philippe et Eric Rieth, paru dans la revue Archéologia, dans son numéro de septembre 2008. Des barques de l'âge du Bronze aux langskip des Vikings, les techniques de constructions se sont adaptées aux ambitions des hommes et aux conditions de la navigation. A l'époque gauloise, les Armoricains ont acquis une solide maîtrise de la construction navale, comme le montre le célèbre passage de la Guerre des Gaules de César traitant des lourds navires Vénètes :

Les vaisseaux des ennemis étaient construits et armés de la manière suivante : la carène en est un peu plus plate que celle des nôtres, ce qui leur rend moins dangereux les bas-fonds et le reflux ; les proues sont très élevées, les poupes peuvent résister aux plus grandes vagues et aux tempêtes ; les navires sont tout entiers de chêne et peuvent supporter les chocs les plus violents. Les bancs, faits de poutres d'un pied d'épaisseur, sont attachés par des clous en fer de la grosseur d'un pouce ; les ancres sont retenues par des chaînes de fer au lieu de cordages ; des peaux molles et très amincies leur servent de voiles, soit qu'ils manquent de lin ou qu'ils ne sachent pas l'employer, soit encore qu'ils regardent, ce qui est plus vraisemblable, nos voiles comme insuffisantes pour affronter les tempêtes violentes et les vents impétueux de l'Océan, et pour diriger des vaisseaux aussi pesants. Dans l'abordage de ces navires avec les nôtres, ceux-ci ne pouvaient l'emporter que par l'agilité et la vive action des rames ; du reste, les vaisseaux des ennemis étaient bien plus en état de lutter, sur ces mers orageuses, contre la force des tempêtes. Les nôtres ne pouvaient les entamer avec leurs éperons, tant ils étaient solides ; leur hauteur les mettait à l'abri des traits, et, par la même cause, ils redoutaient moins les écueils. (9) Ajoutons que, lorsqu'ils sont surpris par un vent violent, ils soutiennent sans peine la tourmente et s'arrêtent sans crainte sur les bas-fonds, et, qu'au moment du reflux, ils ne redoutent ni les rochers ni les brisants ; circonstances qui étaient toutes à craindre pour nos vaisseaux.

César, BG, III, 13.

Notre longue mémoire n'est pas seulement continentale, mais également maritime.

Amaury P.



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