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Coq de combat – Le nouveau film du réal de Dog Bite Dog

Par Bebealien

J’avais chroniqué Dog Bite Dog il y a quelques temps. Un très bon film sur deux hommes ramenés à un état de bestialité. Une bonne claque dans la figure, qui était surprenante et franchement réussie. Aujourd’hui sort directement en DVD Coq de Combat, le nouveau film de Soi Cheang, adapté d’un manga parait-il très bon. Je m’attendais à une bombe, j’ai été bien déçu !

Coq de combat – De belles idées gâchées

Ryo, un adolescent de seize ans, est déclaré coupable de l’assassinat sauvage de ses parents. Envoyé en prison, il se fait violer et humilier régulièrement… jusqu’à ce qu’un détenu ancien professeur de karaté le prenne sous son aile et le forme. Relâché vite de prison en raison de son jeune âge, Ryo se retrouve dans la rue. A la recherche de sa jeune sœur, il va surtout se confronter de manière brutale à une société qu’il déteste et qui le lui rend bien.

Une affiche quelconque…

La trame de base du scénario est plutôt intéressante. Je n’ai pas lu le manga dont le film est une adaptation, mais d’après ce que j’ai pu lire à son sujet, il est une charge puissante contre la société japonaise et la déshumanisation de ses individus. Ryo est un électron libre poussé par un seul but : survivre. Le concept initial est finalement relativement proche de ce qu’on pouvait trouver dans Dog Bite Dog.

Mais malheureusement, malgré une aussi bonne base, Soi Cheang se vautre. Le script oscille ainsi sans cesse entre un certain réalisme social décrivant les bas fonds de Hong Kong et le nawak le plus total comme une scène de baston entre Ryo et son maître dans une pseudo forêt avec une philosophie ridicule qui parait encore plus simpliste que Oui-oui et le crayon magique.

Shawn Yue, dans le rôle de Ryo… mouaip pas très convaincant…

Et malheureusement, tout dans le film est ainsi. A commencer par l’interprète principal, Shawn Yue, qui n’arrive pas à garder une stabilité dans son jeu. Il oscille sans cesse entre des phases où il est crédible et touchant et celles où il tombe dans la démesure et le cabotinage ridicule. De la même manière, Coq de Combat étant un film de baston, on pourrait s’attendre à des combats d’anthologie. Il n’en est rien. Si certains échanges sont sympas, sur ce plan le film fait clairement daté. On est loin de la violence sèche d’un Dog Bite Dog, de la virtuosité d’un Ong Bak, ou de n’importe quel film récent. Les bastons font datées et sont chiantes… un comble pour un film d’arts martiaux !

Ryo sur le ring, l’arcade sourcillière défoncée, l’oeil explosé par l’abus de substances illicites

Le constat est d’autant plus frustrant que, comme je l’ai dit plus haut, le sujet aurai pu être prétexte à quelque chose de beaucoup plus travaillé, tant sur la forme que sur le fond… Par exemple, le personnage d’outcast de Ryo est parfois intéressant par son sadisme et son côté bad-motherfucker qui n’en a rien à foutre. Mais dès que le film part dans cette direction, il se contredit dans les cinq minutes qui suivent. De la même manière, si le film ose parler du dopage sportif, des coups sous la ceinture… ses thématiques sont tout juste effleurées, jamais développées.

Une photo de la fameuse scène de combat nawak dans la forêt…

L’évolution du héros et des personnages qui gravitent autour sont trop rapides, et il est parfois dur de comprendre où ils en sont… En lisant les réactions de lecteurs du manga de-ci de-là, ils semblent confirmer que la complexité psychologique des protagonistes a été clairement caricaturée dans le film, et qu’ils deviennent donc beaucoup trop lisses et surtout inintéressants. Pour conclure, évitez l’achat en DVD, à moins d’être un fan absolu… et encore vous risquez d’être déçu…


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