Magazine Environnement

Goro Nickel et ses opposants enterrrent la hache de guerre

Publié le 29 novembre 1999 par Erwan Pianezza

NOUMÉA, 29 sept 2008 (AFP). Goro Nickel, filiale du géant Brésilien Valé, et les populations kanakes opposées à son usine métallurgique en Nouvelle-Calédonie ont signé ce week-end un accord, dans lequel l’industriel s’engage à financer le développement durable, a indiqué lundi la société.

Intitulé “Pacte pour un développement durable du Grand Sud”, cet accord intervient au terme de près de cinq années de querelles, qui ont parfois dégénérées en violences, entre Goro Nickel et les populations locales du sud de l’île, où cette usine chimique de traitement de nickel est en construction.

“C’est une démarche innovante, qui s’inscrit dans les engagements de Vale et ses entités dans le monde: la participation des populations locales à la gestion durable des retombées économiques et sociales des projets miniers et au respect de l’environnement”, a déclaré Michel Sylvestre, directeur général de Goro Nickel.

L’accord prévoit notamment la création d’une fondation d’entreprise, d’un comité consultatif coutumier environnemental et la mise en place d’une série de mesures liées à la protection de l’environnement.

Selon une fourchette basse, Goro Nickel versera 10 milliards de francs pacifique (84 millions d’euros) sur les trente ans à venir aux différents organismes.

“Cet accord montre ce dont le peuple kanak est porteur. Les clans et les chefferies donnent leur consentement éclairé au démarrage de cette usine”, a déclaré Raphaël Mapou, leader du comité autochtone, Rheebu Nuu.

Les deux parties se sont également engagées à régler désormais leurs différends de façon “amiable” et non plus devant les tribunaux ou par des manifestations sur le terrain.

Sur le chantier, cet accord aura pour principale conséquences de permettre la reprise de la pose du tuyau, destiné au rejet en mer des effluents de l’usine, suspendu depuis plus de six mois.

L’usine Goro Nickel, d’une capacité de 60.000 tonnes de nickel et 5.000 tonnes de cobalt, est implantée dans une région à la biodiversité marine et terrestre exceptionnelle. D’un coût de 3,2 milliards de dollars US , elle entrera en production au cours du premier trimestre 2009.

Sept associations écologistes de Nouvelle-Calédonie ont cependant réservé leur position sur cet accord, conclu uniquement avec les populations kanakes, et sur lequel elles ont indiqué “ne pas avoir été associées”.


Retour à La Une de Logo Paperblog