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L'Amérique au panthéon rock, part II

Publié le 29 septembre 2008 par Bertrand Gillet
Changement de disque, changement de registre. Le rock n’est pas seulement né de l’intuition d’un Dylan ébouriffé par l’électricité ou même des mains d’artisans comme Gibson, pas plus qu’il n’a jailli du bourbier moite du bayou. Le rock a braillé ses premiers accords dans les garages des maisons des banlieues d’une Amérique alternative, urbaine et prolo. Alors que beaucoup de groupes se plaisent à rejouer les standards du british blues, les Sonics tranchent sévère. Ce sont des rockeurs dans l’âme. Here are The Sonics et nos petites frappes vont prendre ces termes au pied de la lettre. Les guitares crissent et démarrent, et là, je me dis ouais, ces mecs ont inventé le punk. Cooooool. Ce matin, Tacuma s’est réveillée dans la saturation, tout, guitare, saxophone, basse enrobés par la voix faite de feulements de Gerry Roslie.  Ça  couine, ça geint, le son est rocailleux, blême, violent, c’est beau, comme en atteste Strychnine dont les premières mesures au fender annonce l’esprit : le calme avant la tempête. Le reste sera ad hoc et rentrera dans l’histoire. Un an plus tard en Californie, Tom Wilson qui n’a pas encore produit le tout premier album du Velvet lorgne vers Los Angeles, ses freaks, pas tout à fait hippiess. Et parmi eux, une bande retient son attention : les Mothers of Invention, menés par l’iconoclaste rockeur à moustache Frank Zappa. Le 27 juin 1966 sort l’un des premiers doubles albums de l’histoire avec  Blonde on Blonde.  L’orchestre quelque peu lunatique ouvre le bal avec un Hungry Freaks, Daddy du meilleur effet rock’n’rollesque et s’il on met à part ( ?) les deux pièces expérimentales qui remplissent le deuxième disques de cris organiques et de fureurs lysergiques, l’esprit retiendra des titres explosifs comme Trouble Every Day narrant les émeutes de Watts, putain on est en 66 et beaucoup de groupes contemporains chantent encore la naïveté  d’une Amérique en mal de repères, des formations comme Peter, Paul & Mary en sont la navrante expression. Le son de la guitare, de l’harmonica, la voix dangereuse de Zappa, tout est ici monstre de violence et de rythme, œuvre de puissance totale nous emportant dans un sillon d’électricité rugueuse encore inédit en Californie, si ce n’est avec les magnifiques Seeds ou Music Machine.
La semaine prochaine :  Le Butterfield Blues band

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