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Sur Sarkozy, Besancenot et les occasions manquées

Publié le 06 octobre 2008 par Bernard Girard
Samedi, Nicolas Sarkozy réunit quatre dirigeants européens à Paris. Grand succès clament aussitôt des journalistes amis, à commencer par Claude Askolovitch qui ajoute à son papier du Journal du Dimanche, dix raisons de ne pas paniquer.
A force d'entendre répéter ces commentaires on aurait presque fini par les croire. Dommage que la bourse se soit empressée de s'effondrer renvoyant l'exercice diplomatique du week-end à son insignifiance réelle tandis que les sondages nous montrent que les consommateurs sont de plus en plus inquiets.
L'illusion aura été de courte durée Les mesures annoncées samedi apparaissent, pas même 48 heures plus tard, pour ce qu'elles sont : des mots qui masquent mal l'incapacité des Européens à prendre la mesure de la crise de confiance qui s'est emparée de nos sociétés. Crise de confiance des citoyens envers leurs banques et, plus grave peut-être encore, crise de confiance des banquiers entre eux.
Libération nous dit ce matin que c'est tout bénéfice pour Olivier Besancenot. A voir. J'ai cru, en le voyant hier sur Ripostes, entendre Sarah Palin : même niveau de généralité, même absence de propositions. Qu'il ait un boulevard devant lui, c'est probable, encore faudrait-il qu'il ait un véhicule à conduire, je veux dire un programme, des idées. Or, je ne vois pas qu'il en ait beaucoup plus que les socialistes. Ce n'est pourtant pas si difficile : il suffit de piocher dans la vieille tradition de gauche ou, plus simplement, dans le programme commun de 1981.
Notre jeune révolutionnaire aurait, par exemple, pu proposer la nationalisation de secteur bancaire et assortir cette proposition de deux arguments et de quelques exemples de poids :
- la nationalisation (comme le fit la Grande-Bretagne avec Nothern Rock) ramène la confiance des épargnants qui savent leurs avoirs garantis par l'Etat, mais aussi celle des banquiers qui ne craignent plus de prêter de l'argent à une banque dont le premier actionnaire est l'Etat,
- elle introduit des contrôles directs sur le management des banques, puisque des représentants de l'Etat entrent dans leur conseil d'administration et peuvent facilement imposer le respect de ces règles que tout le monde appelle de ses voeux.
"Une solution : la nationalisation", criait-on dans les défilés dans les années 70. Olivier Besancenot pourrait le remettre au goût du jour. Mais il n'ose pas. Est-ce parce que cela évoque trop ce programme commun que la LCR trouvait alors trop réformiste?

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