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"Dancing in the Street" : Bowie - Jagger, le ridicule ne tue pas

Publié le 07 octobre 2008 par Mickymaxxi

Ca faisait longtemps que je n'avais pas proposé de bon nanar juteux. Et là, celui-là ne doit même pas son incroyable vacuité à un manque de talent chez ses interprètes. Parce que Bowie et , à l'heure où ils ont enregistré ce disque, ils ont derrière eux des disques fabuleux, qui ont marqué leur époque. Même s'il faut bien avouer que la carrière solo de Jagger n'a rien de très glorieux, et que Bowie est un peu dans le creux de la vague.

Tant et si bien qu'ils décident de reprendre ce titre écrit par Marvin Gaye en 1964, " Dancing in the Street", déjà repris par The Mamas and The Papas, mais aussi Van Halen, The Who ou encore The Kinks. C'est donc à l'occasion du Live Aid de 1985 que nos deux Anglais se lancent dans leur entreprise de démolition, car c'est bien de cela qu'il s'agit.

Il suffit d'avoir deux yeux en bon état de fonctionnement, et d'un peu de curiosité sur Youtube pour comprendre que les années 80 ont été particulièrement difficiles en ce qui concerne l'esthétique des clips, les habits, mais aussi la production des morceaux. Jagger ouvre la bal, avec une chemise verte 5 tailles trop grande pour lui, des baskets fluo et dès le départ un cabotinage qui donne des envies de meurtre...ou alors d'exploser d'un grand éclat de rire ! Mais Bowie met la barre encore plus haut, hésitant entre le survêtement léopard, genre prostituée du périphérque par dessus lequel il met un imper Colombo-style : difficile de faire pire. Mais ils ont le mérite de le revendiquer "It doesn't matter, what you wear / Just as long as you are there" : au moins, on est fixés !

Mias il le vit bien : tout décontracté, il saute tout en décontraction, chante les mains dans les poches genre "Moi ? Toujours cool !", quand Jagger défie les lois de rigidité relative de la colonne vertébrale. Il gigote, se contorsionne, en fait au moins cent fois trop sur cette pauvre rythmique asthmatique et ces cuivres de fanfare. Ils se chauffent gentiment, à un moment on peut même penser qu'ils vont se rouler une pelle mais non, ils sont juste emportés par le flot de ces synthés et de cette batterie tellement "propre" qu'elle sonne irréelle. Plus ça va, et plus Jagger s'enfonce dans des abîmes de médiocrité, multipliant les grimaces sans raison (la scène du Coca, le "Back in the USSR !" absolument affreux vers 2:05) et alignant les mouvements de façon erratique.

Bowie est beaucoup plus sobre pour le coup, comme s'il sentait qu'un jour, cette vidéo ressortirait et que tout le monde le verrait dans cette vilaine situation. Alors, il s'éclipse un peu derrière Jagger, faisant moitié moins de mouvements genre "Oubliez-moi, je ne fais que passer". Mais non, David, ta technique de cache-cache dans l'encadrement de la porte, le "In the streets of Braaazil", c'est définitivement humiliant, une grosse erreur dans une carrière si riche (parfois cahotique, il faut bien le reconnaître).

Ode au plaisir simple de danser, de s'éclater dans la rue, ce "Dancing in the Street" est aussi une belle démonstration de freestyle catastrophique qui se termine droit dans le mur : aucune rigueur, du grand n'importe quoi à tous les étages et un prétexte (le Live Aid) qui ne donnait certainement pas le droit aux deux interprètes de faire autant n'importe quoi, et en plus n'importe comment. "C'est en faisant n'importe quoi qu'on devient n'importe qui" : eux n'étaient pas n'importe qui quand ils ont commis ça, mais des fois, l'abstention, ça a du bien aussi. Mais bon, les miracles existent : le Live Aid avait été un grand succès malgré ce titre, alors, pourvu que ça dure !


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