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Quelques chef-d'oeuvres

Publié le 07 octobre 2008 par Fred Boot

Il y a des films que je peux regarder encore et encore sans jamais m'en lasser tant ils me paraissent beaux, parfaits, maîtrisés, généreux. En voici une liste dans un ordre anarchique :
Il grande Silenzio de Sergio Corbucci : j'ai découvert ce chef d'œuvre du cinéma italien sur le tard (il y a deux mois exactement), et je ne pense pas avoir été aussi marqué par un film depuis des années. Après la scène d'ouverture, le générique et son "Viaggio" morriconesque donnent le ton : un western épuré qui lorgne vers la tragédie, un western jusqu'au-boutiste. Tous les aspects classiques du genre sont quasiment effacés comme pour nous offrir un aperçu en négatif du cinéma de Leone, avec en plus une charge politique bien plus forte. C'est nihiliste, désespéré et beau.
C'era una Volta il West de Sergio Leone : ce classique montre qu'il n'est pas utile d'être bavard pour faire trois histoires en une parfaitement ficelées et cohérentes, en plus d'être signifiantes en terme de cinéma. Une vraie tragédie, jusque dans sa réalisation et sa musique quasi bruitiste. Il serait bon que les aficionados de tartuferies telles que Dark Knight reconsidèrent ce cinéma et reprennent pied.
Le samourai de Jean-Pierre Melville : j'aurais pu citer de nombreux films de ce réalisateur comme autant d'horizons que je rêve d'atteindre un jour. Le samourai a la particularité de montrer une histoire dépossédée de l'inutile, une véritable horlogerie qui au final nous souffle totalement. Essayez de résumer par des mots le jeu d'interaction et les enjeux entre le personnage du tueur et la chanteuse : devant la logorhée maladroite qui en découlera vous comprendrez en quoi le cinéma a ses spécificités.
Hana Bi de Takeshi Kitano : Kitano fait certes un cinéma maniériste, mais Hana Bi a lui aussi la particularité d'apporter son lot d'émotion et d'histoire avec un minimum de mots. Il s'agit là de l'œuvre la plus aboutie du réalisateur : la maîtrise du rythme est parfaite, la charge émotionnelle progresse sans ratés, et le film prend une stature d'œuvre globale en montrant des toiles de style naïf de l'artiste comme autant d'explosions graphiques.
Blade Runner de Ridley Scott : à propos de graphisme, Blade Runner est une réussite qui n'a pas vieilli et qui, à mes yeux, a évité de tomber dans la kitcherie en présentant un univers d'anticipation s'inspirant à la fois des films noirs et des mégalopoles contemporaine (dont Hong Kong, copie conforme du Los Angeles futuriste du film).

(à suivre)


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