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Anthologie permanente : Mauro Fabi

Par Florence Trocmé

Les ombres des hommes
quand ils sortent de chez eux
et vont travailler,
toutes ces ombres
qui s'obstinent
à nous suivre
comme un ciel plein
de pluie,
les ombres des corps
qui entrent et qui sortent
des bars du matin
si vagues si fragiles
et finalement impersonnelles
se confondent le long
des trottoirs,
quelques
ombres solitaires
s'attardent submergées
dans ces lits encore chauds
et ne trouvent pas le courage
ne trouvent jamais le courage,
ce sont des ombres mortes désormais
parce qu'elles peuvent seulement rappeler
les ombres du passé
qui bruissent sans nom
sans visage parce que les ombres
du passé
n'ont pas de visage n'ont pas
d'odeur c'est leur nature d'ombres
de rester un peu derrière
à l'écart de côté
pleines de tics.

Mauro Fabi, Il motore di vetro, Palomar, Bari, 2004. Traduction Olivier Favier

Il y a des hommes dont les vies secrètes
hommes qui ne veulent pas nous faire participer
à leurs vies secrètes si jalousement
cachées derrière leurs poings
des hommes aux pantalons roulés qui laissent
des empreintes rapprochées quand ils décident de
se faire lécher par la mer
hommes dont le rapport avec la mer
est justifié par leurs pantalons roulés
par leurs chevilles maigres
et blanches et dérisoirement poilues,
un jour ouvrable après le travail:
hommes dont les vies tellement secrètes
qu'elles peuvent être déchiffrées dévoilées
racontées
par les parasols.
Il y a des microphones
partout jusque dans
tes cheveux rassemblés
derrière ta nuque.

Mauro Fabi, Il motore di vetro, Palomar, Bari, 2004. Traduction Olivier Favier

Contribution d’Olivier Favier


(texte original dans la suite de note)

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Le ombre degli uomini
quando escono di casa
e vanno a lavorare,
tutte queste ombre
che si ostinano
a seguirci
come un cielo pieno
di pioggia,
le ombre dei corpi
che entrano ed escono
dai bar del mattino
così vaghe così fragili
e infine impersonali
si confondono lungo
i marciapiedi,
alcune
ombre solitarie
si attardano sommerse
in quei letti ancora caldi
e non trovano il coraggio
non trovano mai il coraggio,
sono ombre morte ormai
perché possono solo ricordare
le ombre del passato
che frusciano senza nome
senza volto perché le ombre
del passato
non hanno volto non hanno
odore è la loro natura di ombre
rimanere un po' indietro
discoste defilate
piene di tic.

Ci sono uomini le cui vite segrete
uomini che non vogliono farci partecipi
delle loro vite così segrete così gelosamente
nascoste dietro i polsini
uomini con i pantaloni arrotolati che lasciano
impronte ravvicinate quando decidono di
farsi lambire dal mare
uomini il cui rapporto col mare
è giustificato dai loro pantaloni arrotolati
dalle loro caviglie magre
e bianche e irrisoriamente pelose,
in un giorno feriale dopo il lavoro:
uomini le cui vite talmente segrete
da poter essere decifrate svelate
raccontate
dagli ombrelloni.
Ci sono microfoni
ovunque persino tra
i tuoi capelli raccolti
dietro la nuca.


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