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Fleet Foxes - s/t (2008)

Publié le 13 octobre 2008 par Oreilles
Cette très belle peinture de l'école Flamande, oeuvre de Bruegel l'Ancien orne le premier effort des américains de Fleet Foxes qui affolent tout ce que la critique compte d'indé en ce moment. Partout ne pleuvent que dithyrambes, panégyriques de la part de plumitifs dont on pourrait croire qu'ils nous ont décelé la trouvaille de l'année, n'était leur propension à s'approprier certains groupes, on appelle ça la hype.......pour mieux les vilipender quelques années plus tard !
A les entendre s'esbaudir sur le contenu de ce groupe aux contours d'Amish qui ne dédaigne pas les cappella et autres harmonies vocales (ça vous rappelle-t-y pas un groupe 60's mythique ?), la généalogie des apprentis barbus folkeux serait en perpétuel renouvellement ! Alors que finalement, des groupes comme les Fleet Foxes, il suffit de secouer les branches de l'arbre indé US pour en faire tomber des grappes !
Ce constat peu amène n'aurait aucun intérêt en soi, s'il n'avait pour but de démystifier l'appel de la nouveauté, la caution de l'originalité que trop de critiques besogneux défendent, avec plus ou moins de mauvaise foi mercantile.
Il n'est du reste pas question de nier ses qualités d'écriture à ce disque, tout au plus d'en souligner les limites. Celles induites par l'emphase parfois assommante que plombe sur certains morceaux la voix du chanteur-leader, J Tillman, sorte de Chris Martin d'outre Atlantique. Où la voix chaude et vibrante du chanteur de Coldplay, rivaliserait d'efforts pour faire ramener, au hasard, les Arcade Fire au rang des subtils Offspring !
"Sun It Rises", à cet égard, place la barre haut en ouverture, avec son chant a capella, la chanson aux airs d'hymne (pas fait exprès) qu'est "White Winter Hymnal" sonne comme du chant grégorien gonflé à la testostérone ; bon c'est parfois émouvant comme sur le très beau "Tiger Mountain Peasant Song" que ne désavouerait pas le meilleur Simon and Garfunkel!Ca peut même donner des frissons, comme sur ce "Your Predator" à la ferveur non feinte qui renoue avec la meilleure tradition folk-gospel américaine façon Tim Buckley, et j'oublie deux ou trois autres chansons tout à fait dignes et pas forcément si lyriques -d'aucuns diraient ampoulées !
Mais au pays (au sens large et continental) des Arcade Fire, BB(non, non pas Brunes !), Zombies, TV On The Radio, Wilco, et je fais volontairement l'omission de groupes indés en vogue, on a donné dans le registre vocal virtuose et habité, et en ce qui concerne Fleet Foxes il n'y a pas encore lieu, malgré d'indéniables aptitudes à donner dans le pastoral fiévreux et lettré, de se réveiller la nuit ! Dans le même genre par exemple, je retourne illico vers mes chers Kingsbury Manx, dont on annonce le retour imminent.
Voila. La prochaine fois, peut-être ?
en bref : toujours cette agaçante façon de nous faire découvrir LE groupe qui sort du lot, et que nous n'aurions pu choisir nous mêmes. La vérité est toute autre : un groupe des plus respectable, mais qui en fait des tonnes, et dont il existe moult déclinaisons pour l'instant supérieures !
Le Myspace des Fleet Foxes
"White Winter Hymnal"


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