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The Boy in the striped Pyjamas de Mark Herman

Par Geouf

Résumé: Pendant la Seconde Guerre Mondiale, Bruno, un petit garçon de huit ans, mène une vie tranquille à Berlin, entouré de ses parents et de sa sœur Gretel. Mais lorsque son père, un officier SS, est envoyé sur une mission particulière en pleine campagne, c’est toute la famille qui déménage avec lui. Dans cette grande maison isolée, Bruno s’ennuie ferme, jusqu’au jour où il rencontre Shmuel, un garçon de son âge, avec lequel il se lie d’amitié. Le seul problème, c’est que Shmuel est enfermé dans une sorte de ferme où tout le monde porte des pyjamas rayés…

 

Succès surprise actuellement au Royaume-Uni, The Boy in the striped Pyjamas est un film traitant de l’Holocauste de façon plutôt originale (meme si on sent l’influence de La Vie est belle et de La Liste de Schindler) et avec une très grande sensibilité. Ce que les critiques britanniques ont retenu pour la plupart est le côté pédagogique du métrage, prenant comme héros un garçon de huit ans. Certes, cet aspect est très important et permet au réalisateur de montrer l’horreur de la situation à travers le regard innocent d’un enfant, mais le film est à mon avis bien plus intéressant que ça. Le point le plus important est selon moi le fait qu’il ne se contente pas de s’attacher au point de vue de Bruno, mais explore aussi les sentiments des autres membres de la famille. Et vu que pour une fois on s’intéresse à une famille allemande (donc le diable pour la plupart des gens), l’effort n’en est que plus louable. Loin de diaboliser ses personnages, Mark Herman tente de comprendre comment les choses pouvaient se passer à l’époque dans le pays. Les personnages centraux représentent donc tous une facette de l’Allemagne nazie : le père officier SS persuadé de servir son pays en exterminant les Juifs, la mère tenue dans l’ignorance et qui finit par découvrir avec horreur la vraie mission de son mari, la grande sœur embrigadée petit à petit suite au lavage de cerveau effectué par son professeur particulier… Herman parvient de plus à totalement saisir le pouls de l’époque à travers le prisme déformant de la vision de Bruno (le jeune Asa Butterfield est tout simplement formidable). Et les questions bien innocentes de Bruno prennent une résonnance particulière pour les adultes : pourquoi les gens de la ferme sont-ils tous habillés de pyjamas rayés ? Pourquoi son ami ne peut-il pas venir jouer avec lui ? Une innocence qui sera malheureusement à l’origine d’un final d’une grande noirceur, venant une fois de plus prouver que les enfants sont les premières victimes de la guerre. Une réflexion passionnante donc, pour un film qui n’oublie pas non plus de raconter une histoire forte. La relation entre Bruno et Shmuel est parfaitement développée et sort des cliches des histoires d’amitié enfantine. Les petites bassesses de cet âge-là sont notamment évoquées, par exemple lorsque Bruno ment à l’officier SS pour ne pas être puni et trahit ainsi son ami.

The Boy with the striped Pyjamas est donc une réussite, un film d’une rare fraicheur sur un sujet difficile et mainte fois évoqué au cinéma avec plus ou moins de succès.

Note : 8/10


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