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Vicky Cristina Barcelona

Publié le 17 octobre 2008 par Va33

18 octobre 2008

Vicky Cristina Barcelona

Vicky Cristina BarcelonaL'auberge espagnole

Vicky Cristina Barcelona
Vicky Cristina Barcelona

«C'est un film qui donne envie de faire l'amour!» s'est écriée une jeune journaliste à l'issue de la projection cannoise de Vicky Cristina Barcelona. Simple coup de sang d'une midinette émoustillée par le casting de la décennie (Scarlett Johansson, Penelope Cruz, Javier Bardem)? Pas du tout: quelque temps plus tard, le New York Times renchérissait: «La lumière est d'une couleur ambrée et mordorée si appétissante qu'on pourrait être tenté de lécher l'écran»!

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Qu'est-il arrivé à Woody Allen pour que son 43e film provoque un effet jamais entendu ni lu auparavant? Est-ce simplement, comme l'avance pudiquement le quotidien américain, une question de lumière? Il est vrai que celle-ci est signée par le chef opérateur Javier Aguirresarobe, un vétéran hispanique propulsé sur la scène internationale au tournant de l'an 2000 grâce aux images, inoubliables, qu'il a signées pour Alejandro Amenabar (Les Autres, Mar Adentro) ou Pedro Almodovar (Parle avec elle).
Le dernier Woody Allen susciterait une poussée de fièvre en raison de... sa lumière. L'explication n'abusera évidemment personne: même la réunion des acteurs les plus «chauds» du moment paraît davantage crédible. A commencer par Javier Bardem, bloc de virilité animale, débarrassé de la perruque à la Mireille Mathieu dont les frères Coen l'ont affublé dans No Country for Old Men et qui lui a valu l'Oscar du meilleur second rôle en début d'année. Mais sa présence dans le rôle d'un peintre pygmalion et sans tabou, ainsi que celle de ses partenaires féminines plus ou moins consentantes, expliquera tout au plus, et a posteriori, pourquoi Vicky Cristina Barcelona sera l'un des plus gros succès de son auteur. Sans rien dire sur ses vertus aphrodisiaques.
Un garçon, trois filles: à deux, à trois, garçon-fille, fille-fille, fille-garçon-fille, Woody Allen ne rechigne devant aucune possibilité. Il se laisse glisser dans ses envies, envahir par les stéréotypes, guider par les coïts, plus ou moins interrompus, ainsi que par les frustrations qui font, même sous le mode comique, les grands récits romantiques. Avec ses compositions picturales parfaites, ses couples qui embrasent l'écran, sa liberté narrative totale ou encore le bonheur manifeste qui a régné sur le tournage, Vicky Cristina Barcelona prolonge l'été.

N'étaient ces nuages, apparus à Cannes déjà, où le film figurait hors compétition.
Premier grief: il a fallu 40 films et autant de blablas psycho-amoureux à Woody Allen pour qu'il s'aperçoive que l'amour à trois est une alternative. Répondons que l'amour à trois par ce cinéaste-là et dans cette époque-ci a davantage de classe et d'implications.
Deuxième grief: ses films étaient mieux quand il tournait à Manhattan et son tour d'Europe des stéréotypes devient franchement pathétique. Répondons qu'il suffit de revoir les films new-yorkais du cinéaste pour se rendre compte que tous se servaient déjà des stéréotypes.
Troisième grief:  ne réussit qu'un film sur deux et celui-ci est donc, après Le Rêve de Cassandre, de marée basse.
Répondons que si tous les cinéastes signaient des films mineurs comme Vicky Cristina Barcelona, le cinéma se porterait mieux!

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