Magazine Cinéma

J’ai le droit de vivre

Par Tepepa

You only live once
1937
Fritz Lang
Avec: Henry Fonda, Sylvia Sydney
Toujours poignée dans le coin dans mon abstinence westernienne (purement conjoncturelle), voici un autre film de Fritz Lang (2e film de sa période américaine (il faudra que je me décide à visionner (lors d’une prochaine abstinence) ses chef-d’œuvre allemands)) tout à fait regardable malgré ses 70 ans bien tassés (dieu que cela ne nous rajeunit pas) et son noir et blanc bien noir et blanc (qui en douterait ?). Ce noir et blanc est, ici, magnifique, avec ses contrastes nocturnes dans le brouillard (et l’ombre) et sa pluie battante. Avec son score à la limite de l’inaudible tant il est vieillot et (salement) pompier, et son humour des premières séquences plutôt impénétrable (ayant (semble-t-il) mal traversé les âges ?!), on augure mal du reste. Pourtant, une fois cela passé, on a l’histoire du taulard (Henry Fonda, très (trop) beau et réussissant à être tour à tour calme (voire impassible) puis énervé brièvement (avec rage contenue ad-hoc dans le regard (bleu, malgré le (splendide) noir et blanc (mais je ne voudrais pas me répéter) puis à nouveau calme, performance que l’on reverra (à l’identique) dans Les raisins de la colère) qui voudrait bien se réinsérer, s’intégrer, être un brave petit gars bien, mais que la société rejette injustement, et qui finira par entraîner avec lui la femme qui l’aime (Sylvia Sydney, beaucoup plus présente que Fonda) dans sa dérive Bonnie and Clydesque (voire Frank Jamesienne étant donné le réalisateur et l’acteur principal (mais Le retour de Frank James existe-t-il en DVD ? (je n’en ai vu trace)) avec un cursed et un doomed proprement fataliste. Ne tournons pas autour du pot (ce melting pot malgré tout bien absent de ce film-ci ?!). La progression dramatique (sans circonvolutions inutilement (et stérilement) spectaculaires) rend le film très captivant, avec une évasion audacieuse et une fin mélodramatique parfaite (quoique… mélodramatique regretteront les esprits chagrins). Le thème du film, bien que très naïf, résonne à toutes les époques, y compris la notre où l’on croit plus simple de surcharger les prisons plutôt que de réfléchir vraiment à la réinsertion (pardonnez-moi ce gros mot de gauche). Et pourtant, bien que l’on donnerait à Henry Fonda le bon Dieu sans confession (sauf au regard de ses prestations ultérieures (Leonienne bien sûr, mais aussi Fordienne et Dymitrikienne)), il ne faut pas oublier l’adage : « Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement » mais surtout « Qui aime bien chatie bien ! » ;-)

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