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La responsabilité

Publié le 27 octobre 2008 par Jcgbb

Être responsable, sans autre précision, est un éloge ; mais quand on ajoute que tel homme est responsable de tel événement, le mot, chargé de reproches, devient accusateur. Nul ne veut passer pour irresponsable, nul pourtant ne souhaite être tenu responsable d’une catastrophe. La responsabilité paraît bien lourde à porter.

Avant tout, les mots nous le rappellent, il y va de l’honneur. Spondere, c’est promettre par serment. Respondere, c’est répondre de ce serment, et vouloir égaler la promesse qui fut faite. Voilà l’être responsable : il promet un jour de veiller sur des biens ou des personnes et si quelque imprévisible accident survient il veut rester à la hauteur de celui qui promettait jadis de bien surveiller tout.

On dira que les hommes ne restent pas identiques à eux-mêmes et qu’il est impossible de tout prévoir. La responsabilité est la solution de ces deux difficultés. L’identité, d’abord, consiste dans l’acte de se reconnaître comme le même qui a promis, non dans une identité substantielle du moi présent et du moi passé ; simplement, je confirme que c’est bien moi, non un autre, qui me suis engagé.

L’imprévisible, ensuite, est la raison d’être de la responsabilité. Nul besoin d’un dirigeant si aucun accident n’est à redouter ; nul besoin d’un surveillant si l’abus est impossible. Invoquer un inextricable concours de circonstances défavorables n’est en rien une excuse. Les responsables ont pour unique fonction de prévoir l’imprévisible.

Qu’ils admettent donc leur imprévoyance et subissent les conséquences dont ils se faisaient fort de répondre !


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